Sur le concept de “film avec des policiers”
By Dirty Monkey | 25 juillet 2008
Certains, sur ce blog où j’écris pour la première fois, me reprochent de n’aimer - je cite - “que les films avec des policiers”.
C’est faux. J’aime aussi les films où l’on trouve :
- des shériffs
- des US Marshalls
- des détectives privés
- des gendarmes
- des agents secrets
- des gardes frontières
- de la police militaire
- des agents de l’ATF (alcohol, tobaccos and firearms)
Citons, en donnant un film par type de représentant de la force publique autre que policier au sens propre: Warlock, The Fugitive, Chinatown, Ne le dis à personne, The Bourne Trilogy, The Three Burials of Melquiades Estrada, In the Valley of Elah, Déjà vu (même si ce dernier n’est pas terrible, OK).
À l’inverse, les films qui mettent en scène des agents de la NSA sont, à mes yeux, tous profondément piteux. Et les choses se gâtent lorsque l’on mélange les genres. La présence simultanée, par exemple, de policiers, d’agents secrets (surtout lorsqu’ils appartiennent à des agences concurrentes et portent des habits où sont inscrits en très très gros le nom des dites agences), de shérifs et de détectives privés est normalement un signe indubitable (Aristote dirait : un tekmèrion) d’absolue nullité. Je n’ai jamais rencontré de film où un agent secret rencontrait un garde-frontière, donc je n’ai pas d’avis sur la question.
Chinatown, 1976
De même, ne soyons pas sectaires, des films contenant exclusivement des policiers, des shérifs, des US Marshalls, des détectives privés, des gendarmes, des agents secrets, des gardes frontières, des membres de la police militaire ou des agents de l’ATF peuvent également être très très mauvais. Mais c’est quand même rare. Un bel uniforme bien porté à l’écran -si possible accompagné d’un beau pistolet ou d’un gros fusil- est normalement prometteur d’un bon moment de cinéma.
Mais pourquoi donc s’intéresser aux films avec des policiers ? Pour la violence ? Pour les clichés ? Pour le suspense ? Par amour de l’ordre ? Les trois premières raisons sont sans valeur. La dernière est inconsciente, et il est par conséquent difficile d’en parler.
Restent trois raisons objectives. La première est narrative ; les deux autres, pour ainsi dire, atmosphérique :
Raison n°1 : le film avec des policiers représente la quintessence de la construction narrative.
Exemple : L.A. Confidential (Curtis Hanson, 1997)
Raison n°2 : entre les mains d’un réalisateur talentueux, une histoire avec des policiers peut offrir, plus que toute autre, l’occasion de créer une ambiance cinématographique réussie.
Exemple : Mystic River (Clint Eastwood, 2003)
Raison n°3 : sous ses airs popu, le film avec des policiers peut offrir l’occasion d’innovations esthétiques majeures.
Exemple : Point Blank (John Boorman, 1967)
Le problème est que la présence d’un policier (ou d’un shérif, d’un gendarme, bref…) n’est pas à même d’assurer à elle seule la réussite du projet et de créer 1. une bonne construction narrative, 2. une ambiance réussie, 3. un résultat esthétiquement intéressant. La présence de l’une de ces trois qualités est déjà une bonne chose. Deux, cela devient un challenge. Trois, cela devient un chef d’oeuvre.
Prenons quelques exemples en nous appuyant sur des productions récentes : Blood Work (Eastwood, 2002), ainsi, possède la qualité n°1, pas la 2. Quant à la 3, il en est si dépourvu qu’il se trouve entièrement ruiné par le grotesque de la (trop longue) scène finale. The Untouchables (De Palma, 1987), quant à lui, possède la qualité n°2, mais est totalement privé de la qualité n°1. La 3 est totalement absente, c’est du lourd. Police Python 357, (Alain Corneau, 1976), enfin, l’un des polars français les plus nuls jamais réalisé (merci Corneau), est dépourvu de la qualité n°1, mais aussi de la 2 et de la 3. Et pourtant, Yves Montand a un très très gros revolver (le même, d’ailleurs que Harry Callahan, The Big Dirty, c’est dire).
Mais venons en maintenant à trois polars récents dont j’avais tout d’abord décidé de parler ici avant de dériver. Tous trois sont sortis en 2007, et contiennent au moins un policier : Eastern Promises (Cronenberg - policiers + policiers infiltrés), Gone Baby Gone (policiers + détectives privés), We Own the Night (policiers, plein plein plein plein de policiers).
Dans les trois cas, la critique fut unanime. Ulysse sautait dans tous les sens sur les pages de Télérama. Le Monde se pâmait. Et Télé Loisirs décernait à chacun trois Saucissons d’or, la note maximale.
Et pourtant.
Et pourtant, ces trois films avec des policiers sont de qualité inégale. Dans mon palmarès, cela donne :
- 1. Gone Baby Gone
- 2. Eastern Promises
- 99. We Own the Night
Finalement, plutôt que de parler des deux premiers, sur lesquels je reviendrai une autre fois, nous allons nous pencher plus précisément sur le 99e film de ce classement. (Spoilers, Watch Out !)
We Own the Night, c’est l’histoire d’un mec (J. Phoenix) qui est un peu malfrat. J’aime quand J. Phoenix joue des malfrats, cela me rappelle la première fois où je l’ai vu (pour autant que je puisse m’en souvenir) dans The Yards… de James Gray. Soit le deuxième film du réalisateur du film don’t nous parlons (We Own Machin…).
Donc c’est un mec qui est un peu malfrat. Il tient une boîte de nuit à NYC pour un parrain russe. Ce faisant, le film présente la qualité n°2 au plus haut point : ambiance disco années 80 (le film commence avec Heart of Glass en bande son, sur un plan de semi-boule), belles scènes de danse avec rupture sur arrières-cours glauques.
C’est alors (*spoiler*) qu’on découvre que Joachim, son frère est un super policier, et que son papa est le chef de tous les policiers de NY. Bon pour le point 2 : le contraste boîte / bal de la police est bien réussi. Mais ruine totale de la qualité n°1 (on ne reviendra pas sur la 3, absente du film : bien cadré, bien monté, rien de fracassant).
Comment comprendre cette totale absence de qualité n°1 ?
La film avec des policiers est, par essence, structuraliste et actantiel. Il y a une histoire qui se déroule, avec des héros qui progressent et qui rencontrent des obstacles selon des schémas bien définis, comportant des variations elles-mêmes définies selon le modèle mis en place par Vladimir Propp à propos du conte traditionnel (Morphologie du conte, 1965).
Le problème, c’est qu’un schéma trop défini n’est propre à séduire que les abrutis. Et que We Own the Night séduit les abrutis.
En effet (*spoiler*), l’idée du film est la suivante : Joachim est devenu malfrat because son Oedipe. Alors il ricane beaucoup face aux policier, joue aux durs, et planque sa filiation auprès de ses potes les gros russes. Un jour, ses potes les gros russes s’en prennent aux policiers et flinguent son frère (ils le ratent, les cons) et son papa (ils le butent, les cons). Alors Joachim est fâché, se met à aimer les policiers, à aider les policiers, à devenir policier lui-même. Sans rire, c’est énorme, mais le scénario n’y va pas par quatre chemins : Joachim s’engage dans le NYPD comme trouffion de base. Et il tue plein de malfrats. Comme ça il venge son papa.
Pourquoi est-ce si nul ? Parce qu’on a là un variante faiblarde du motif du “héros caché”, du méchant qui dissimulait sa nature bénéfique. D’habitude, c’est un policier infiltré (The Departed, mais aussi Eastern Promises, bien que ce soit un peu plus compliqué comme on le verra le jour où j’en causerai). Ici, c’est un type converti en malfrat qui redevient gentil pour faire comme sa famille propre sur elle.
Ce qui signifie que le moteur de l’action, c’est le génome de Joachim. Ses gênes de flic en somme.

Et d’un point de vue actantiel, les gênes, c’est quand même très très nul…
Catégorie: Art qui bouge (ciné) | 1 Comment »
Cannes, son tapis rouge, ses Palmes d’Or pour les scénarios de plus de 3h vs. les hommes en collants moulants, les Elus, les Mutants et tous les héros des films de Michael Bay
By JN | 15 juillet 2008
Pour débuter cette dure et courte semaine, autant commencer avec un peu de fun…
Encore une fois, merci à Jessica and son indexed.com qui réussit à mettre en évidence le lien entre scénario et images de synthéses!
Aprés avoir vu son graphique, je me suis dis: "Purée (ça non, mais je ne peux pas encore vous livrer les noirs desseins de mon âme et ma propension à utiliser un langage de marin portugais sous Mojito), c’est trop vrai!"
Bien entendu, je reste ouvert pour discuter de vos pensées - en accord ou non avec le dessin.
Enjoy !
PS : Non, je n’ai rien contre les films de Michael BAY (contrairement à d’autres : "Michael Bay est souvent considéré par les cinéphiles comme un piètre cinéaste." : ici) ni contre Michael BAY en personne (mis à part qu’il n’est pas très bon joueur et la dernière fois, à Houston, il a pleuré et boudé quand il s’est fait écrasé au Pikomino par votre serviteur, qui est une star du Piko
)
PPS : Encore une fois pour les non-anglophones:
- Plot: Scénario
- CGI (Computer Generated Images) : images générées par ordinateur i.e. images de synthése
Catégorie: Art qui bouge (ciné), Pause Lindt | No Comments »
Il y a des êtres superficiels parmi nous…
By Aurelie | 4 juillet 2008
… et parmi eux, des féministes acharnés qui se précipitent dehors faire les soldes dès le premier jour (oui, dans nos contrées méridionales, les soldes ont commencé seulement hier).
Quelque chose d’effrayant se produisait dans les rues : des jeunes gens distribuaient des flyers publicitaires pour… le Mont-de-Piété !
Oui, Ma Tante !
Tu crèves de ne pas avoir assez d’argent pour faire les soldes ?
Pauvre, toi aussi tu as le droit de consommer !
Ôter d’un côté pour jeter de l’autre. C’est vraiment le contraire de la culture. Du coup je suis rentrée chez moi.
Ce flyer n’a pas étonné que moi, il a également ulcéré Le Grand Barnum, autre méridional critique, tendance énervé. Très énervé.
Catégorie: 3615 MA VIE, Art commercial (pub), Temps Perdu | No Comments »
« Indexed » ou comment s’amuser intelligemment (sans LEGO, pour une fois)
By JN | 2 juillet 2008
Jessica HAGY est brillante dans ses mots comme dans ses dessins…
Et comme parfois, elle parle de culture pop américaine ou autre, et que la culture, c’est mon "dada" (comme dirait mon pote Omar), je tenais à vous faire partager ces trouvailles !
Petite détente de la semaine: sauriez-vous trouver le bon Omar ?
(Indice bonus : Ce n’est pas celui qui vend des hamburgers chez VITE - ou Quick pour les anglophones…)

Revenons à nos moutons et notre Jessica !
Donc, de par ses traits d’humour fins et racés, qu’elle met harmonieusement en musique (ou plutôt en dessin) sous forme de subtils graphiques, camemberts, nuages de points et autres histogrammes tout droit échappés d’une version easy-listening d’Excel, elle nous dresse à travers ses billets d’humeur un portrait tragi-comique de son job, sa life, ses passions, ses envies, un peu de tout, quoi !
(Réguliérement et selon mon humeur, je partagerai avec vous ses dessins, que vous pouvez retrouver sur indexed.com mais en vous armant de votre meilleur niveau d’anglais!)
Et celui d’aujourd’hui, n’a rien à voir avec la finale de ce dimanche…Et ce, malgré le titre !

(copyright J. Hagy and indexed.com. Thanks a lot)
Pour les non-anglophones :
1. Mettez-vous à l’anglais, pfffff…
2. "Sans vouloire offenser qui que ce soit venant d’Allemagne"
3. Et pour tout le monde, le dessin fait référence à ceci. On est loin de l’éphèbe courant en short rouge sur les plages de Malibu 
PS : Et depuis peu, Esprits-Critiques devient membre de paperblog 
Donc si vous aimez, propagez !
Catégorie: Pause Lindt | 3 Comments »
Ta mère est tellement grosse que dès qu’elle met une robe jaune…
By JN | 25 juin 2008
A New York les gens crient "Hep! Taxi!"
Un peu d’humour dans ce monde de brutes…
Certes un humour peu fin qui va sans aucun doute m’être reproché par ma consoeur : "Et pourquoi les blagues sur TON PERE n’existent pas? Encore un coup des méchants misogynes qui peuplent ce monde sexiste…blablablabla…sale humour de mec…blablablablabla…humour genré…" (et encore, je vous la fait courte
) mais qui introduit une grande et belle action de la sécurité routière !
En image, ça donne ceci…
(merci le parisien pour l’image)

Perso, j’adore le ton sobre et décalé ainsi que le côté pince sans-rire de Karl !
Et le pire, c’est qu’il est presque crédible sauf, si vous faites partie de la poignée d’élus sachant que Monsieur Karl n’a pas de permis !
Bon esprit, dirons nous… Merci à l’agence Lowe Strateus pour cette "idée à haute valeur ajoutée" (leur slogan en langue shakespearienne…)
Catégorie: Pause Lindt | 2 Comments »
SFX or not (De la schizophrénie ambiante dans le cinéma hollywodien contemporain)
By David | 19 juin 2008
Dans une récente interview liée à la sortie imminente de The Dark Knight, le nouvel épisode des aventures de Batman, Christopher Nolan tenait les propos suivants : "Les blockbusters ressemblent de plus en plus à des films d’animation ou à des jeux vidéo. C’est parfois très peu cinématographique, il faut se poser la question du recours à la conception graphique par ordinateur." Propos repris par un Steven Spielberg, faisant son mea-culpa (justifié) quant à l’utilisation abusive des effets numériques dans le dernier Indiana Jones. Situation ironique, quand on repense que c’est le même homme qui 15 ans plus tôt, rejetait certains animatronics du récemment décédé Stan Winston, au profit de dinosaures numériques pour Jurassic Park. A Hollywood, nous voilà donc au point de départ d’une nouvelle querelle entre anciens et modernes.
Et cette fois encore, nous douterons de l’intérêt d’une telle querelle, même si elle soulève un problème certain. Car, si les récents Transformers ou Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal (quel titre imbuvable aussi) ont déçu, ce n’est pas tant à cause des effets spéciaux, mais surtout à cause de scripts nullissimes. Heureusement, la récente actualité cinématographique nous rassure quant à l’état de santé du cinéma hollywoodien, grâce à des mavericks aussi radicaux qu’aux ambitions diamètralement opposées.
Tout d’abord, parlons du dernier film de M. Night Shyamalan, succédant au cuisant échec au box-office de La Jeune Fille de l’Eau, projet il est vrai un tantinet audacieux, hors-normes et tout de même un brin mégalomaniaque. Rappelons que dans ce dernier, le réalisateur s’était donné le rôle d’un auteur dont le livre devait changer la face du monde tandis que l’un des rares personnages négatifs du film était un critique de films misanthrope, incapable de décrypter les signes proposés par Paul Giamatti, expiant son incompétence crasse par la mort. Je ne soulignerai donc pas plus la subtilité du propos…
Revenons en à The Happening (votre serviteur étant allergique au banal titre français de Phénomènes). Afin de tenter de renouer avec le box-office, notre wonder-boy cinéaste renoue avec un sujet fantastique modeste et un cinéma très classique dans la forme. Pour cette histoire de suicides collectifs provoqués par la nature, Shyamalan met en place une mise en scène minimaliste et efficace. Les images des suicides, froides, simples, méthodiques, contribuent à la création d’un climat apocalyptique particulièrement crédible. Par la suite, le moindre brin d’herbe devient suspect et une simple plante verte dans un appartement vous fera sursauter sur votre siège. Il est rassurant de voir Shyamalan, comme le dernier grand cinéaste classique, démiurge héritier de Kubrick et Hitchcock, capable de combiner mise en scène rigoureuse et succès auprès du public. Dommage que le propos du film soit encore une fois alourdi par une fin moralisante et maladroite.
A l’opposé de cet objet rigoureux, nous retiendrons une démarche totalement opposée, mais tout aussi louable. avec Speed Racer. Avec leur adaptation d’un dessin animé japonais des années 60 au graphisme bariolé et au scénario stéréotypé, les frères Wachowski viennent de subir un cuisant échec au box-office américain, qui fait le bonheur de tous ceux qui détestent le cinéma des deux frangins depuis Matrix Reloaded. Soit une bonne majorité de la critique et du public. Et pourtant, comme il est dommage de bouder son plaisir devant le spectacle qui nous est offert deux heures durant.

Un festival de couleurs et d’idées visuelles comme rarement vu depuis une paire d’années; des idées de montage et de mise en scène audacieuses (l’utilisation d’aplats en 2D, d’arrières-plans en mouvement illustrant les souvenirs évoqués par Emile Hirsch, les visages des protagonistes utilisés comme des volets pour passer d’un décor à un autre); et, malgrè un scénario convenu et enfantin, des personnages attachants incarnés par des comédiens de talent (juste un regret concernant une Christina Ricci injustement sous-exploitée).
Tourné intégralement sur fond vert, Speed Racer tombe à pic pour faire mentir Christopher Nolan. Car, au final, ce qui compte n’est pas l’omniprésence ou non des effets spéciaux, mais la qualité du scénario et la capacité à faire exister des personnages : c’est à dire là où échoue totalement le dernier Indiana Jones et réussit magistralement Speed Racer. De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace.
Catégorie: Art qui bouge (ciné) | 1 Comment »
Les maçons italiens infectés par le virus de BILLUND ou “Il ne vaut rien de mieux, que le meilleur “
By JN | 18 juin 2008
Ouvrons la journée par cette mystèrieuse maladie évoquée dans le titre, qui fort heureusement ne toucheraient qu’uniquement les travailleurs italiens !
Et je ne veux pas entendre que fort heureusement (bis) ils ne sont pas si nombreux que ça 
Avant d’en dire plus, accueillons David, qui oeuvrera pas mal dans le monde du cinéma; milieu dans lequel il excelle ! Ce dernier, dans les prochains posts, se dévoilera un peu plus…
Welcome dans le monde des critiqueurs, David !!
Reprenons le fil de notre post et de notre virus, qui prendra plus de sens grâce à ces photos
Merci à janvorman.com (le site des artistes)



Cette oeuvre a donc été mise en place à Bocchignano, en Italie, un village proche de Rome. Le groupe d’artistes a développé un projet identique pour 4 autres villages de la région.
Ce qui nous améne à nous poser LA question : POURQUOI?
Pourquoi et encore des LEGO? Quelle est cette fascination pour la mystèrieuse petite brique inventée par un charpentier?
Ma consoeur parlerait des "ravages du désoeuvrement" et nous étayerons ses propos dans le futur (teasing, teasing, teasing…Y a pas à dire, j’adore…)
En tout cas, je reste perplexe devant l’oeuvre mais j’aime assez !
Catégorie: Pause Lindt | 2 Comments »
Ornithologie et cinéma
By David | 11 juin 2008
A Hong-Kong, les pickpockets sont surnommés des moineaux. "Sparrow" dans la langue de Shakespeare. C’est aussi le titre du nouvel opus filmique de Johnnie To, qui suit un groupe de quatre pickpockets, qu’une mystérieuse jeune femme va arnaquer avant de demander leur aide afin de se libérer du joug d’un mystérieux caïd.
.jpg)
Le titre du film est évidemment à sens multiple et l’on cherchera qui est donc ce "moineau". Kei, l’élégant pickpocket interprété par l’acteur fétiche de To, l’excellent Simon Yam, capable d’organiser une opération massive et de coordonner quatre vols simultanèment, au cours d’une séquence magistralement découpée où les victimes et les pickpockets se croisent et se succèdent, les voleurs semblant suspendre le temps pour s’occuper de leurs victimes. A moins qu’il s’agisse de Chun Lei, la femme fatale qui séduit et arnaque chacun des membres du gang de Kei, les prenant chacun à leur propre piège.
Non, le moineau, ici, est bien évidemment le réalisateur Johnnie To. Tout comme dans la séquence d’ouverture où un moineau s’obstine à rentrer dans l’appartement de Kei, comme attiré par le projecteur sur lequel il va se poser, Johnnie To est inlassablement fasciné par les néons de Hong-Kong, ville qu’il ausculte un peu plus à chacun de ses films. En la dessinant et en maîtrisant sa géographie, le réalisateur s’affaire à conserver une trace de cette ville qu’il aime et dont il appréhende le futur, à cause de la menace de la retrocession totale à la Chine en 2046. A chaque film, il aborde différemment son terrain de jeu et, avec Sparrow, c’est sous l’angle du polar et de la comédie musicale. Bien qu’il n’y ait aucun passage musical proprement dit, le film au scénario mince comme une feuille de cigarette séduit grâce à sa bande originale omniprésente et aux chorégraphies des actions des pickpockets. Pour culminer dans une séquence anthologique où au ralenti, deux gangs de pickpockets couverts de parapluies, se défient et exécutent diverses manoeuvres pour se disputer le passeport de Chun Lei. Johnnie To invoque ici à la fois Sergio Leone et Jacques Demy, Pour une Poignée de Dollars et Les Parapluies de Cherbourg pour livrer au final un film jazz, aussi bien par sa légèreté que par la rigueur et la perfection de son découpage.
Catégorie: Art qui bouge (ciné) | No Comments »
Les pubs pour l’IDTGV, ou : le trou noir du benchmark
By Aurelie | 8 juin 2008
Petit cours de langage marketing à l’intention de ceux qui négligent la lecture de « Stratégies Magazine » (vous avez tort) : le benchmark désigne la segmentation du public-cible en sous-publics auprès de qui il s’agit de mener une communication adaptée.
Évidemment, la segmentation du public-cible permet, lorsque l’on s’adresse au public des jeunes-branchés-qui-ont-une-approche-trop-métadiscursive-et-complètement-wizz-du-discours-publicitaire (en gros, le public du réseau Cartapub), un peu plus d’audace créative échevelée.
Le saut, l’inconnu, l’inouï, le grand frisson.
Ainsi, le visuel de l’IDTGV à destination du réseau Cartapub est-il particulièrement échevelé.
Mais là, pour le coup, et en hommage à l’anniversaire avec lequel les vieux nous ont cassé les pieds le mois dernier, la longueur des cheveux est proportionnelle à la courtesse des idées.
Voyons l’abyssalement calamiteuse campagne.
Donc, le visuel n°1 :
Avec le commentaire au dos :
Et le visuel n°2 :
obsession sexuelle inappropriée pour communiquer sur un moyen de transport (épargnons-nous le rappel culturel de la « métaphore du train qui rentre dans le tunnel »).
Références obscures (quid de la balle de ping pong ?), et inintéressantes, il faut l’avouer.
C’est consternant.
Et d’autant plus raté que les Cartapub ne sont pas distribuées que dans les bars et les discothèques.
On en trouve aussi dans les restaurants branchés et arty-chic.
Et notamment les restaurants branchés des musées.
Donc notamment fréquenté par un public CSP+ d’un âge respectable qui ne peut apprécier que très modérément de voir un gros Tic Tac violet lui faire des blagues de dégénéré prépubère.
C’est une forme nouvelle de désespoir face au ratage marketing.
Avant on avait l’impression d’être pris pour des cons, maintenant, on a l’impression d’évoluer dans un monde de cons.
Communiquer sur le train ça n’inspire pas grand-monde, manifestement, ces jours derniers.
Parce que la pub de la SNCF sur la carte senior laisse également perplexe avec la nana pas si vieille qui court sur un tapis roulant en téléphonant, sculptant, peignant…
Quel problème psychologique profond peut bien cacher cette hyperactivité ?
La peur d’être face à soi-même ?
La haine des autres ?
La difficulté de meubler sa vie en-dehors du boulot ?
La jouissance de la consommation poussée à son comble ?
Pas un modèle enviable, en tout cas.
Catégorie: Art commercial (pub), Temps Perdu | 2 Comments »
Paris et la place de la Concorde ou l’inattendu mashup de “Papyrus” et de “Chérie, j’ai agrandi le bébé”
By JN | 26 mai 2008
Plaçons cette semaine sous le coup de la nouveauté et des surprises…Si,si,si…
Et tout d’abord, inaugurons une nouvelle catégorie…
Certes, plus adéquat aux Saint-Thomas de la ville de Sainte Geneviève qu’aux autres (on ne sait donc plus à quels seins se vouer, comme aurait pu s’exclamer Pamela…) mais un brin décalé et (je l’espère) terriblement intéressant : je parle bien entendu, ici, d’un PARIS méconnu et secret…
Bien entendu, en cas d’affluence de votre part, cette catégorie pourra être étendue aux cités de mes collègues (et je pése mon pluriel mais comme toujours, teasing, teasing…)
Amis profanes, ouvrons les portes de la Découverte avec un grand D et laissons nous subjuguer par la Cité (secrète) des Parisii…
Et pour débuter cette catégorie, parlons de l’obélisque de la Place de la Concorde !
Hormis le fait qu’il soit le plus vieux monument de Paris, cet obélisque (certains parlent de phallus géant, objet transitionnel de Louis-Philippe mais cela ne nous regarde pas…) fut érigé pour honorer Champollion et son incroyable engagement dans la traduction des hiéroglyphes.
Haut de 22.86 mètres, c’est un monolithe de granite rose pesant 227 tonnes.
Mais le point le plus méconnu ne réside pas dans ses caractéristiques…
Cet obélisque est avant tout le gnomon d’un cadran solaire géant!
Et oui, chers amis lecteurs, la place de la Concorde n’est qu’une montre géante et pas des moindres : c’est "le plus vaste cadran solaire du monde".
Simple et efficace ! Mais pas très pratique si on ne se trouve pas à quelques pieds de hauteurs…
Quelques images car comme le dit la sagesse populaire: "le poids des mots, le choc des photos!"
(Merci à Paris Match pour le slogan, chronomania et l’université de Laval-Canada pour les photos)

Etonnant, non ?
(Et pour la partie personnelle, bien qu’étant sur Paris depuis 8 ans, je n’ai découvert cette particularité que récemment…)
PS : Pour les paresseux qui ne comprennent vraiment rien aux titres de JN
- Un mashup est une combinaison de contenu provenant de plusieurs domaines différents (pour les geeks : ici)
- "Papyrus" : c’est la BD du héros éponyme, paru dans le journal Spirou en 1974 : ici
- " Chérie, j’ai agrandi le bébé" est la suite de "Chérie, j’ai rétréci les gosses" : film disneyien conceptuellement comique et connu : ici
Catégorie: PAR(ad)IS | 2 Comments »
« Previous Entries Next Entries »










