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	<title>ESPRITS CRITIQUES &#187; Art qui bouge (ciné)</title>
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	<description>Si la culture n'est pas subjective, qu'est-ce qui est subjectif ?</description>
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		<title>&#8220;Ellen et les garçons&#8221; ou Juno, le Feel-Good-Movie du cinéma indép’ américain!</title>
		<link>http://www.esprits-critiques.com/art-qui-bouge-cine/ellen-et-les-garcons-ou-juno-le-feel-good-movie-du-cinema-indep%e2%80%99-americain/</link>
		<comments>http://www.esprits-critiques.com/art-qui-bouge-cine/ellen-et-les-garcons-ou-juno-le-feel-good-movie-du-cinema-indep%e2%80%99-americain/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 19 May 2009 05:55:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JN</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art qui bouge (ciné)]]></category>
		<category><![CDATA[Art qui bouge]]></category>
		<category><![CDATA[ciné]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma]]></category>
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		<category><![CDATA[Juno]]></category>
		<category><![CDATA[Michael Cera]]></category>

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		<description><![CDATA[
Oui, je sais, j&#8217;ai 1 an, 3 mois et 12 jours de retard sur cette review mais bon, premièrement, il faut savoir se faire désirer et secondement, que celui qui n&#8217;a jamais été en retard me jette la première pierre !
Ça s&#8217;est fait&#8230; !!
Rendons à César ce qui appartient à César!
Et non, pas le gentil [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="TEXT-ALIGN: center"><img class="size-medium wp-image-316      aligncenter" title="juno-poster2-big" src="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/juno-poster2-big-192x300.jpg" alt="juno-poster2-big" width="192" height="300" /></p>
<p style="TEXT-ALIGN: left">Oui, je sais, j&#8217;ai 1 an, 3 mois et 12 jours de retard sur cette review mais bon, premièrement, il faut savoir se faire désirer et secondement, que celui qui n&#8217;a jamais été en retard me jette la première pierre !</p>
<p style="TEXT-ALIGN: left">Ça s&#8217;est fait&#8230; !!</p>
<p style="TEXT-ALIGN: left">Rendons à César ce qui appartient à César!<br />
Et non, pas le gentil chien blanc de la pub pour le pâté de volaille ni celui qui compresse des trucs pour magnifier l&#8217;égo d&#8217;acteurs parfois douteux&#8230;
</p>
<p style="TEXT-ALIGN: left"><img class="size-thumbnail wp-image-317   alignleft" title="cesar" src="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/cesar-150x150.jpg" alt="cesar" width="150" height="150" /><img class="size-thumbnail wp-image-318   alignleft" title="cesar2" src="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/cesar2-150x150.jpg" alt="cesar2" width="150" height="150" /></p>
<p style="TEXT-ALIGN: left"> </p>
<p style="TEXT-ALIGN: left"> </p>
<p style="TEXT-ALIGN: left"> </p>
<p style="TEXT-ALIGN: left"> </p>
<p style="TEXT-ALIGN: left"> </p>
<p style="TEXT-ALIGN: left"> </p>
<p style="TEXT-ALIGN: left">Et à Debbie ce qui appartient à Debbie soit : le concept de <strong><span style="text-decoration: underline;">Feel-Good-Movie.</span></strong><br />
Ce dernier qui résume assez bien ma pensée, après la projection de ce film a donc été ignominieusement pillée à Debbie &#8211; que je remercie, et dont je souligne le mordant de certains de ces articles bloguesques, <a href="http://lencrenage.free.fr/blog/">ici</a>.</p>
<p>Roulement de tambours et trompettes&#8230;Qu&#8217;est ce qu&#8217;un Feel-Good-Movie ? (ou pour les non-anglophones, je crois qu&#8217;il en reste un&#8230; « un film qui te fait te sentir good »)</p>
<p>&#8220;C&#8217;est donc un film indépendant avec des personnages plutôt intello portant des vêtements qui ne vont pas ensembles (bah oui, ils lisent des livres et aiment les films de Truffaut, ils ne vont pas en plus bien s&#8217;habiller), des dialogues brillants, un humour doux-amer, une B.O pointue (folk, antifolk, indé&#8230;) des histoires a priori banales mais finalement tellement touchantes, et un sourire grand comme ça à la sortie du cinéma.&#8221;</p>
<p>Tout est dit, merci Debbie!</p>
<p>Après la synthèse, rentrons un peu dans les détails&#8230; Et pour un pitch institutionnel, merci Allociné, <a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=121167.html">ici!</a></p>
<p>Perso, j&#8217;ai été fan, complètement et totalement fan !</p>
<p>La simplicité touchante du générique de fin (bien sûr, je ne veux pas spoiler la fin pour les quelques rares personnes qui ne l&#8217;auraient pas encore vu&#8230;) sur un tube des Moldy Peaches, l&#8217;esthétique graphique du générique d&#8217;entrée, la bande-son rock indépendant US de génie (Cat Power, Belle et Sebastian, Sonic Youth, Velvet underground&#8230;), le casting sans-faute des jeunes acteurs et des vieux briscards et bien sûr le scénario qui fracasse les préjugés, pré-requis et autres tabous&#8230;
</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-thumbnail wp-image-327  aligncenter" title="juno_soundtrack" src="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/juno_soundtrack-150x150.jpg" alt="juno_soundtrack" width="150" height="150" /></p>
<p style="text-align: left;">Côté casting, les jeunes d&#8217;abord, et à tout seigneur, tout honneur : Ellen Page, éblouissante dans son rôle de petite rockeuse qui a un sens de la répartie fabuleux, piquant, incisif et tellement pertinent (à l&#8217;image d&#8217;une Becca de Californication, pour les aficionados) mais qui, sous sa carapace, n&#8217;est que vulnérabilité et sensibilité à fleur de peau ; un chaperon rouge, qui a déjà vu le loup et n&#8217;a pas été mangé ! Puis, Michael Cera, qui vient de la TV et plus particulièrement <a href="http://www.allocine.fr/series/ficheserie_gen_cserie=141.html">d&#8217;Arrested Development</a>, jouant un ado, un peu lourdaud mais très attachant (d&#8217;ailleurs dans la même veine, je conseille très fortement Nick and Norah&#8217;s Infinite Playlist !).</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-thumbnail wp-image-319      aligncenter" title="nickandnorah_9078" src="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/nickandnorah_9078-150x150.jpg" alt="nickandnorah_9078" width="150" height="150" /></p>
<p><em>(Je sais, l&#8217;affiche ne semble pas top-top comme ça mais je vous promet que ce n&#8217;est pas une guimauve pour ado boutonneux&#8230;)</em></p>
<p>Les anciens, ensuite avec Jason Bateman (le père de Michael dans AD !), en compositeur encrouté, qui rêve encore d&#8217;être une rock-star, tout en composant des jingles de pub ; Jennifer Garner, qui n&#8217;Alias pas, pour notre plus gros bonheur (et pour les autres, les DVD sont sur <a href="http://www.amazon.fr/Alias-LInt%C3%A9grale-Saison-%C3%89dition-DVD/dp/B000B8NR5Q">Amazon</a> !) ; Allison Janney, qui ne West Wing pas, pour notre plus gros malheur (et pour les autres, les DVD sont chez moi ou sur <a href="http://www.amazon.fr/West-Wing-1-7-Martin-Sheen/dp/B000I8OC08/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;s=dvd&amp;qid=1242709335&amp;sr=1-1">Amazon</a> ! En coffret complet, petits veinards&#8230;)</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-thumbnail wp-image-323    aligncenter" title="juno2" src="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/juno2-150x150.jpg" alt="juno2" width="150" height="150" /></p>
<p> </p>
<p>Tous ces points positifs ne devraient pas nous faire perdre de vue que l&#8217;intérêt principal de ce film est avant tout le scénario poil-à-gratter qui traite d&#8217;un sujet glissant et casse-gueule, tout en prenant le contre-pied des conventions, à savoir la grossesse d&#8217;une adolescente et son rapport à l&#8217;avortement ; le tout, loin des dialogues à la « American Pies » mais tissé de légères subtilités spirituelles et incisives !<br />
A contrario d&#8217;un scénario républicain et <a href="http://www.esprits-critiques.com/art-qui-bouge-bis-tv/desperate-houseviwes-feminisme/">desperate-housewivien</a>, notre jeune Punky Brewster (soutenue inconditionnellement par son papa et sa belle-mère) va considérer puis refuser l&#8217;avortement pour trouver un gentil couple de yuppies pour s&#8217;occuper du bébé et retourner jouer de la guitare sur un muret.</p>
<p><strong>Un film anticonformiste, grinçant et décapant, définitivement subtil, qui n&#8217;est que du bonheur pour les oreilles et les yeux. Du très bon cinéma indépendant US !</strong></p>
<p>Et avant de conclure, deux choses qui font que Juno passe d&#8217;un très bon film à un très-très-très bon film : la première est le téléphone-hamburger (et sachez, chers tous, que je suis prêt à payer très cher pour avoir le même !) et la seconde est la référence à ce dessin animée fabuleux, fantastique, fondateur (voire culte mais il n&#8217;y a pas de F) qui est&#8230;les COSMOCATS (je suis sûr que vous voyez de ce dont je parle, les gars !!!)</p>
<h6><em>(Remerciements et credits pour les photos à qui de droit!)</em></h6>
<p><img class="size-thumbnail wp-image-322   alignleft" title="juno_hamburger1" src="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/juno_hamburger1-150x150.jpg" alt="juno_hamburger1" width="150" height="150" /><img class="size-thumbnail wp-image-320   alignleft" title="cosmocats8" src="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/cosmocats8-150x150.gif" alt="cosmocats8" width="150" height="150" /></p>
<h6><em> </em></h6>
]]></content:encoded>
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		<title>Je n&#8217;ai pas aimé Slumdog Millionnaire, ou : seule contre tous</title>
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		<pubDate>Wed, 04 Mar 2009 11:56:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Aurelie</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art qui bouge (ciné)]]></category>
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		<description><![CDATA[Parfois, je doute, quand même. Ce film a créé la surprise aux Golden Globes, survolé les Oscars, a été unanimement salué partout. Et j&#8217;avoue que je l&#8217;ai trouvé sympa, mais vraiment sans plus.
Lourdingue.


La superposition de deux narrations &#8211; et les flash-back  qui font avec &#8211; constitue un système extrêmement subtil. L&#8217;exemple qui me vient [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Parfois, je doute, quand même. Ce film a créé la surprise aux Golden Globes, survolé les Oscars, a été unanimement salué partout. Et j&#8217;avoue que je l&#8217;ai trouvé sympa, mais vraiment sans plus.<br />
Lourdingue.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-292" title="affiche_slumdog_millionnaire" src="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/affiche_slumdog_millionnaire.jpg" alt="affiche_slumdog_millionnaire" width="395" height="527" />
</p>
<p style="text-align: justify;">La superposition de deux narrations &#8211; et les flash-back  qui font avec &#8211; constitue un système extrêmement subtil. L&#8217;exemple qui me vient à l&#8217;esprit est “Le péril jeune”. Dans “Le péril jeune”, les deux plans narratifs étaient très déséquilibrés le “maintenant” (attente dans la salle d&#8217;attente qu&#8217;Elodie Bouchez accouche) était réduit à la portion congrue et ne servait qu&#8217;à éclairer “l&#8217;avant” (la classe de terminale) et la juxtaposition de plusieurs personnages permettait de multiplier les points de vue. Les allers-retours se faisaient par le biais des associations d&#8217;idées et la foultitude d&#8217;anecdotes du lycée permettaient de contrebalancer ce moment d&#8217;attente (à moins que ce ne soit l&#8217;inverse). Parfois, &#8220;les sauts&#8221; temporels se faisaient à l&#8217;intérieur même d&#8217;un de ces plans narratifs. Intelligent, bien fait. Léger, subtil.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-293" title="le_peril_jeune" src="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/le_peril_jeue.jpg" alt="le_peril_jeune" width="434" height="289" /><em>et classe, aussi</em></p>
<p style="text-align: justify;">Version “Slumdog Millionnaire” : un “maintenant” réglé de manière mécanique (jeu télévisé mondialement décérébrant) qui est éclairé par un “avant”. A moins que ce ne soit l&#8217;inverse. La circulation entre ces deux plans narratifs se fait par le biais des questions et oh! incroyable, les réponses se trouvent dans la vie du jeune Jamal dans l&#8217;ordre chronologique. ça tombe trop bien. Du coup les personnages se trouvent ultra-simplifiés (un super gentil, un méchant qui se rachète, une gentille, un super-méchant). Sympa, mais lourd.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-294" title="slumdog_millionnaire_jeu_2" src="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/slumdog_millionnaire_jeu_2.jpg" alt="slumdog_millionnaire_jeu_2" width="434" height="289" /></p>
<p style="text-align: justify;">Sympa, parce que Danny Boyle a du métier et que la réalisation est toujours parfaite (la scène de poursuite dontt tout le monde parle&#8230;). Sympa, parce que le sous-continent nous gratifie de gens comme Dev Patel, à la fois élégant, félin, sensuel, et parfaitement choupi. Sympa parce que le côté mécanique de la narration permet de faire ressortir le bordel indien. Et que le bordel indien est super sympa.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-295" title="slumdog_millionnaire" src="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/slumdog_millionnaire.jpg" alt="slumdog_millionnaire" width="434" height="289" /><em>- T&#8217;es choupi, tu sais. -Embrasse-moi.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em></em><br />
Mais bon, de là à rafler 8 Oscars&#8230;</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Il Divo, ou : quand la vie imite la mauvaise télévision, il faut vraiment faire du grand art</title>
		<link>http://www.esprits-critiques.com/art-qui-bouge-cine/il-divo-ou-quand-la-vie-imite-la-mauvaise-television-il-faut-vraiment-faire-du-grand-art/</link>
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		<pubDate>Mon, 02 Feb 2009 05:00:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Aurelie</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art qui bouge (ciné)]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[cinema italien]]></category>
		<category><![CDATA[il divo]]></category>
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		<description><![CDATA[
Avec l&#8217;histoire italienne des 35 dernières années, on pourrait faire un film de Costa-Gavras.

Meurtres, sociétés secrètes, complot, trahisons, mafia, pouvoir, archives, témoignages, raison d&#8217;État, tous les ingrédients sont présents pour faire une série télé bien glauque, ou un film “à message” bien torturé, qu&#8217;on nous resservirait le dimanche soir dans une soirée “Thema” sur l&#8217;Italie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-221" title="affiche_il_divo" src="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/affiche_il_divo.jpg" alt="affiche_il_divo" width="391" height="521" /></p>
<p>Avec l&#8217;histoire italienne des 35 dernières années, on pourrait faire un film de Costa-Gavras.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-225" title="z_costa_gavras" src="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/z_costa_gavras.jpg" alt="z_costa_gavras" width="325" height="438" /><br />
Meurtres, sociétés secrètes, complot, trahisons, mafia, pouvoir, archives, témoignages, raison d&#8217;État, tous les ingrédients sont présents pour faire une série télé bien glauque, ou un film “à message” bien torturé, qu&#8217;on nous resservirait le dimanche soir dans une soirée “Thema” sur l&#8217;Italie fin de siècle. Un film plein de réflexion qui ferait réfléchir.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-226" title="Amen" src="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/amen_costa_gavras.jpg" alt="Amen" width="357" height="480" /></p>
<p>Mais bon, l&#8217;histoire italienne réelle est suffisamment tragique pour que la moindre parcelle puisse faire l&#8217;objet d&#8217;un grand film compliqué.<br />
D&#8217;ailleurs, c&#8217;est un genre qui se pratique depuis quelques années, comme l&#8217;ont montré <em>Gomorra</em> et <em>Romanzo Criminale</em>.</p>
<p>Quand on essaie d&#8217;avoir un point de vue global, on achoppe toujours sur le même personnage : Giulio Andreotti.<br />
Or, il se trouve qu&#8217;Andreotti est un personnage pince-sans-rire, fuyant, voûté et immobile. Par ailleurs, il a été acquitté de toute collusion avec la mafia en 1999. Pas du gibier cinématographique, donc.</p>
<p>Difficile dans ce cas de faire un film costagavrasien avec un personnage inexpressif sur lequel les allusions glisseraient comme les accusations ont glissé toute sa vie.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-222" title="assemblee_italienne_il_divo" src="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/assemblee_italienne_il_divo.jpg" alt="assemblee_italienne_il_divo" width="434" height="289" /></p>
<p>L&#8217;idée de Paolo Sorrentio, à savoir de jouer la surenchère cinématographique est donc très forte. Musique anachronique, surimpressions maniéristes, plans audacieux et séquences ouvertement oniriques, le tragique pourtant présent (la séquestration d&#8217;Aldo Moro) est esthétisé à la mesure de son absence dans la psyché du personnage principal : réduit à un artefact sans profondeur mais lancinant (une seconde migraine).</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-224" title="il_divo_aldo_moro" src="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/il_divo_aldo_moro.jpg" alt="il_divo_aldo_moro" width="434" height="289" /></p>
<p>Ainsi, ce film surtitré “la vie spectaculaire de Giulio Andreotti” peut-il à la fois accuser le personnage, tout en le raillant, mais en lui gardant un côté sympathique. La bouffonnerie permet de rendre la complexité.<br />
C&#8217;est très fort et très réussi.<br />
Et tous ceux qui ont dit le contraire seraient les premiers à se rouler par terre si le réalisateur avait été non pas italien, mais coréen ou taïwanais.<br />
Quant à Andreotti, il a dit du film “Je dirai à ma femme de ne pas aller le voir”, ce qui correspond parfaitement à son personnage cinématographique, et ça, c&#8217;est quand même bon signe.</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Quantum of solace, ou : James Bond au temps de Jason Bourne</title>
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		<pubDate>Mon, 05 Jan 2009 06:00:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Aurelie</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art qui bouge (ciné)]]></category>
		<category><![CDATA[Amalric]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[critique]]></category>
		<category><![CDATA[james bond]]></category>
		<category><![CDATA[jason bourne]]></category>
		<category><![CDATA[quantum of solace]]></category>

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		<description><![CDATA[
Mais pourquoi TOUT LE MONDE a dit du mal du dernier James Bond ?
Alors que TOUT LE MONDE avait encensé Casino Royale qui était quand même un sommet de beaufitude ?
James Bond s&#8217;adonnant à des occupations de beauf (le poker), dans un smoking de beauf, avec une meuf de beauf.
Et la critique avait été unanime. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/affiche.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-130" title="affiche james bond quantum of solace" src="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/affiche.jpg" alt="" width="433" height="325" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Mais pourquoi TOUT LE MONDE a dit du mal du dernier James Bond ?<br />
Alors que TOUT LE MONDE avait encensé <a href="http://esprit-critique.hautetfort.com/art_qui_bouge_cinema_/" target="_blank">Casino Royale</a> qui était quand même <a href="http://www.esprits-critiques.com/art-qui-bouge-cine/casino-royale-ou-james-bond-chez-les-beaufs/" target="_self">un sommet de beaufitude</a> ?<br />
James Bond s&#8217;adonnant à des occupations de beauf (le poker), dans un smoking de beauf, avec une meuf de beauf.<br />
Et la critique avait été unanime. Dithyrambique.
</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-126" title="poker" src="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/poker-300x224.jpg" alt="" width="300" height="224" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Poker, ton univers impitoyable</em></p>
<p style="text-align: justify;">Seulement, un autre espion solitaire était apparu entre-temps. Et son nom est Bourne, Jason Bourne.<br />
Comme l&#8217;a dit Matt Damon dans une interview, la différence entre James Bond et Jason Bourne, c&#8217;est que le second est un “monogame veuf dépressif qui cherche la vérité”, alors que le premier est un “tueur cynique qui dit des blagues en sifflant des cocktails”. Matt Damon n&#8217;a pas parlé de “beauf”, parce que le concept équivalent est le “redneck”, et que James Bond ne peut pas vraiment être un “redneck”, notamment parce qu&#8217;il est anglais. Mais l&#8217;idée était bien là.</p>
<p><a href="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/bourne.jpg"></a>
</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-128" title="jason bourne" src="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/bourne.jpg" alt="" width="461" height="308" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>C&#8217;est hors-champ que ça se passe</em></p>
<p style="text-align: justify;">Un minuscule extrait de Jason Bourne sert à ringardiser l&#8217;ensemble des aventures de James Bond. Cohérence des couleurs, montage serré, prise en compte non gadgetesque de la technologie qui crée une image en quatre dimension, puisque le hors-champ est également une composante de l&#8217;image&#8230; Un monde de brutes, mais que de finesse.</p>
<p style="text-align: justify;">Donc, James Bond ne peut plus évoluer dans un monde sans Bourne.</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;ailleurs, de quoi parle &#8220;Quantum of Solace&#8221; ? Je vous le donne Émile : un James Bond électron libre, désespéré par la mort de sa femme qui parcourt le monde pour la venger. C&#8217;est-à-dire, en gros, un “monogame veuf dépressif qui cherche la vérité”. Un gros pompage de scénario, donc. Ou un &#8220;plagiat mental&#8221;, <a href="http://esprit-critique.hautetfort.com/archive/2007/08/25/camille-laurens-a-encore-frappe.html" target="_blank">comme dirait Camille Laurens</a>.<br />
Cette compétition entraîne des scènes extrêmement bien construites, inimaginables dans le délire kitsch en Technicolor dans lequel évoluait le vieux Roger Moore (la scène d&#8217;enchères dans l&#8217;opéra, où les gens communiquent par oreillette)&#8230; mais qui dérapent parfois dans le pur plagiat (notamment la scène de combat canif vs ciseaux dans un hôtel d&#8217;Haïti qui rappelle fortement une scène de combat bic vs canif dans un quartier de Casablanca), ou qui dérapent dans le mauvais goût (la scène de poursuite sur l&#8217;air de “Tosca”, où les monteurs ont été incapables de décider quoi faire et qui mélange kitschement sons et images alors qu&#8217;il aurait été beaucoup plus intéressant de zapper les bris de verre et les coups de feu pour avoir une séquence épurée).
</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/amalric.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-129" title="mathieu amalric" src="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/amalric.jpg" alt="" width="434" height="289" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><em>C&#8217;est quand même pas parce qu&#8217;il y a Amalric qu&#8217;on est chez Desplechin pour autant&#8230;</em></p>
<p>A l&#8217;avenir, donc, le nouvel enjeu de James Bond est de ne pas devenir un Jason Bourne kitsch.<br />
Il va y avoir du boulot.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-140" title="octopussy" src="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/octopussy.jpg" alt="octopussy" width="400" height="544" /></p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Tropic Thunder de Ben Stiller, ou : le dépassement du méta (si, si, ça veut dire quelque chose)</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Dec 2008 06:00:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Aurelie</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art qui bouge (ciné)]]></category>
		<category><![CDATA[ben stiller]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[critique]]></category>
		<category><![CDATA[film de guerre]]></category>
		<category><![CDATA[parodie]]></category>
		<category><![CDATA[tropic thunder]]></category>

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		<description><![CDATA[
Le recours au méta (discours sur son objet) est un des ressorts les plus éculés du film parodique.
Souvenez-vous du faux Dark Vador qui finit au milieu des techniciens du film dans “La folle histoire de l&#8217;espace”.

Tiens, c&#8217;est le mec qui joue le crétin dans &#34;Ghostbusters&#34; et dans &#34;Chérie, j&#8217;ai rétréci les gosses&#34;. Quelle carrière, mes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img id="imgRsz" class="photo" title="Tonnerre sous les Tropiques - Affiche américaine" src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/18/64/04/69/18975861.jpg" alt="Tonnerre sous les Tropiques - Affiche américaine" title="Tonnerre sous les Tropiques - Affiche américaine" width="405" height="569" /></p>
<p>Le recours au méta (discours sur son objet) est un des ressorts les plus éculés du film parodique.</p>
<p>Souvenez-vous du faux Dark Vador qui finit au milieu des techniciens du film dans “La folle histoire de l&#8217;espace”.</p>
<p><img id="imgRsz" class="photo" title="La Folle Histoire de l'espace" src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/18/35/54/89/19021853.jpg" alt="La Folle Histoire de l'espace" title="La Folle Histoire de l'espace" width="384" height="575" /></p>
<p><em>Tiens, c&#8217;est le mec qui joue le crétin dans &quot;Ghostbusters&quot; et dans &quot;Chérie, j&#8217;ai rétréci les gosses&quot;. Quelle carrière, mes amis !</em></p>
<p><em></em><br />
Mais également des critiques de Wayne à propos du mauvais figurant dans “Wayne&#8217;s World 2”.</p>
<p>On n&#8217;oublie pas non plus le décompte des morts qui fait élire “Hot Shots 2” “Bloddiest film ever made”.</p>
<p>Et puis de tout &quot;Last Action Hero&quot; (il faudrait que je fasse un post sur ce film injustement oublié).<br />
(Eh ouais, aujourd&#8217;hui, on sort ses classiques).</p>
<p>Donc, avec “Tropic Thunder”, ça partait bien, parce que le film en lui-même est intégralement un film “méta” : un film qui met en scène un tournage de film. Un peu comme “La nuit américaine”, tout à fait, sauf qu&#8217;à part ça, ça n&#8217;a rien à voir.</p>
<p><img id="imgNormal" class="photo" title="La Nuit américaine - Jean-François Stévenin, François Truffaut et Nathalie Baye" src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/35/46/97/18742761.jpg" alt="La Nuit américaine - Jean-François Stévenin, François Truffaut et Nathalie Baye" title="La Nuit américaine - Jean-François Stévenin, François Truffaut et Nathalie Baye" width="397" height="264" /></p>
<p><img id="imgRsz" class="photo" title="Tonnerre sous les Tropiques - Steve Coogan" src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/18/64/04/69/18970891.jpg" alt="Tonnerre sous les Tropiques - Steve Coogan" title="Tonnerre sous les Tropiques - Steve Coogan" width="373" height="560" /></p>
<p><em>François Truffaut, Ben Stiller, même combat</em></p>
<p><em></em><br />
Parce que, alors que “La nuit américaine” montrait des comédiens au travail et cherchait à montrer combien ils ont des émotions fortes, “Tropic Thunder” montre des comédiens qui sont censés bosser (ils savent que des caméras les filment), mais qui en fait préféreraient être payés à rien foutre, et doivent par ailleurs survivre au milieu d&#8217;une jungle hostile.<br />
Vous voulez un spoiler ?<br />
Et bien, à la fin, ils s&#8217;en sortent tous.<br />
C&#8217;est le principe d&#8217;un film parodique méta, en même temps. ça finit bien.</p>
<p>C&#8217;est outrancier, c&#8217;est crétin, c&#8217;est du Ben Stiller, l&#8217;inventeur du coiffage au sperme.</p>
<p><img src="http://www.premiere.fr/var/premiere/storage/images/diaporama/mary-a-tout-prix/mary-a-tout-prix-there-s-something-about-mary-1997__9/2144190-1-fre-FR/mary_a_tout_prix_there_s_something_about_mary_1997_reference.jpg" alt="http://www.premiere.fr/var/premiere/storage/images/diaporama/mary-a-tout-prix/mary-a-tout-prix-there-s-something-about-mary-1997__9/2144190-1-fre-FR/mary_a_tout_prix_there_s_something_about_mary_1997_reference.jpg" width="477" height="313" /><br />
Donc c&#8217;est un film qui mérite de figurer en bonne place dans la liste sus-citée, entre “Hot Shots” et “Y a-til un pilote dans l&#8217;avion”.<br />
Cependant, ce film met en oeuvre de manière bien plus subtile (n&#8217;ayons pas peur des mots) le rapport entre l&#8217;artifice et la réalité dans la construction d&#8217;une image cinématographique</p>
<p>Le pitch, c&#8217;est que des comédiens faignants venus tourner un film sur la guerre du Viet-Nam sont lâchés dans la nature par leur réalisateur pour qu&#8217;ils trouvent un peu d&#8217;authenticité (ils sont censés jouer et être filmés par des caméras invisibles) et arrêtent de jouer les divas. Après la mort accidentelle de ce dernier, ils se trouvent livrés à eux-mêmes dans la jungle, où ils font face à de multiples dangers inattendus (ils ne jouent donc pas).</p>
<p><img id="imgRsz" class="photo" title="Tonnerre sous les Tropiques - Jack Black, Robert Downey Jr. et Ben Stiller" src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/18/64/04/69/18916469.jpg" alt="Tonnerre sous les Tropiques - Jack Black, Robert Downey Jr. et Ben Stiller" title="Tonnerre sous les Tropiques - Jack Black, Robert Downey Jr. et Ben Stiller" width="343" height="515" /><br />
Cependant, ces dangers les placent dans des situations comparables à celles du script (qu&#8217;ils reproduisent inconsciemment puisqu&#8217;ils ne jouent pas).<br />
Or, la toute dernière partie du film *spoiler* les montre en train de rafler tous les Oscars avec leur prestation non jouée.<br />
Cette idée recoupe le cliché de l&#8217;acteur “naturel” qui “s&#8217;approprie son rôle et ressent vraiment les émotions”.<br />
Bref, c&#8217;est un point de vue qui ne contredit en rien les clichés habituellement véhiculés par les médias spécialisés et par les acteurs eux-mêmes.<br />
Assez bien foutu, très marrant, mais pas très original en soi.</p>
<p>Mais là où le film prend une distance avec le cliché qu&#8217;il met en oeuvre et où l&#8217;on voit que Ben Stiller, en plus d&#8217;être, en plus d&#8217;être outrancier et crétin, est aussi très très intelligent, c&#8217;est que le jeu entre réalité et artifice est présent également entre le film “Tropic Thunder” et la réalité des acteurs qui l&#8217;interprètent.<br />
Le même rapport entre la réalité et sa représentation est donc présent à deuxième niveau, mais il est COMPLETEMENT DIFFERENT.<br />
Et cela se voit concernant un personnage en particulier, celui joué par Robert Downey Jr.<br />
Robert Downey Jr. joue en effet un acteur multi-oscarisé blanc qui joue le rôle d&#8217;un officier noir dans les années 70.<br />
Donc, un brother sorti du ghetto et fortement politisé.<br />
Acteur de la méthode, l&#8217;acteur que joue Downey ne se départit jamais de son personnage et garde l&#8217;accent du Bronx en permanence.<br />
Mais à la fin du film, ayant beaucoup appris lors de son séjour dans la jungle, il laisse tomber ses oripeaux pour être vraiment lui-même, décolle sa perruque crépue et enlève ses lentilles noires pour laisser à l&#8217;air libre ses cheveux blonds et ses yeux bleus, qui irradient l&#8217;écran comme les dents des cagoles qui sourient dans les pubs pour dentifrices.<br />
<img id="imgRsz" class="photo" title="Tonnerre sous les Tropiques - Robert Downey Jr. et Ben Stiller" src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/18/64/04/69/18970889.jpg" alt="Tonnerre sous les Tropiques - Robert Downey Jr. et Ben Stiller" title="Tonnerre sous les Tropiques - Robert Downey Jr. et Ben Stiller" /><br />
Ainsi, c&#8217;est en jouant au naturel (c&#8217;est-à-dire, peu ou prou, sans jouer) que Robert Downey Jr. va pouvoir participer aux Oscars</p>
<p>Sauf que RDJ n&#8217;est absolument pas blond aux yeux bleus.<br />
Ben non, en réalité, il est plutôt comme ça :</p>
<p><img id="imgRsz" class="photo" title="Rachel McAdams, Robert Downey Jr et Kelly Reilly lors de la Conférence de Presse de Sherlock Holmes - Sherlock Holmes" src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/18/67/70/22/18996996.jpg" alt="Rachel McAdams, Robert Downey Jr et Kelly Reilly lors de la Conférence de Presse de Sherlock Holmes - Sherlock Holmes" title="Rachel McAdams, Robert Downey Jr et Kelly Reilly lors de la Conférence de Presse de Sherlock Holmes - Sherlock Holmes" width="391" height="260" /></p>
<p><em>Des cagoles aux bras</em></p>
<p>Donc, Ben Stiller s&#8217;ingénie à brouiller le message qu&#8217;il délivre sur le rapport entre réalité et fiction : alors que son film conforte le spectateur dans l&#8217;idée que les acteurs sont d&#8217;autant meilleurs qu&#8217;ils sont naturels et ressortent leurs émotions au plus profond de leur être sensible à fleur de peau qui a besoin de s&#8217;exprimer sinon ils étouffent, il montre que le cinéma, ce n&#8217;est que de l&#8217;artifice ; et que l&#8217;identification de l&#8217;artifice fait également partie du plaisir du spectateur, au même titre que l&#8217;illusion dramatique. C&#8217;est parce qu&#8217;on voit comment c&#8217;est fait qu&#8217;on peut dire que c&#8217;est bien fait. L&#8217;art ne cherche pas la vérité, il cherche la justesse.</p>
<p>Sinon, comment expliquer les comédies musicales ?</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Burn after reading des frères Coen, ou : existe-t-il une Confédération des Crétins ?</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Dec 2008 08:45:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Aurelie</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art qui bouge (ciné)]]></category>
		<category><![CDATA[burn after reading]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma]]></category>
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		<category><![CDATA[film]]></category>
		<category><![CDATA[freres coen]]></category>
		<category><![CDATA[league of morons]]></category>

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		<description><![CDATA[Les Frères Coen font sempiternellement le même film : des crétins essaient d&#8217;arnaquer des gens censément plus forts qu&#8217;eux, mais qui se révèlent être aussi des crétins.
A la différence des autres films des deux frérots, qui placent les crétins dans un univers désert et un brin hostile (Arizona, Minesto, California), “Burn after reading” place des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les Frères Coen font sempiternellement le même film : des crétins essaient d&#8217;arnaquer<img class="alignright" style="float: right; border: 5px solid white;" src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/18/65/71/80/18991610.jpg" alt="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/18/65/71/80/18991610.jpg" width="269" height="358" /> des gens censément plus forts qu&#8217;eux, mais qui se révèlent être aussi des crétins.</p>
<p style="text-align: justify;">A la différence des autres films des deux frérots, qui placent les crétins dans un univers désert et un brin hostile (Arizona, Minesto, California), “Burn after reading” place des crétins au coeur de Washington, DC. C&#8217;est-à-dire, au coeur du pouvoir, visible, mais également du pouvoir occulte. Des espions, des agents doubles, des agents triples. Washington, c&#8217;est typiquement le genre d&#8217;endroit où la vérité est ailleurs, et où nous sommes dépendants de forces occultes qui nous gouvernent.<br />
Les personnages aux prises avec des forces occultes qui nous gouvernent sont un grand classique des films qui se passent à Washington.<br />
D&#8217;ailleurs, les films qui se passent à Washington sont souvent des films sur les forces occultes qui nous gouvernent.</p>
<p style="text-align: justify;">Les références à ce genre de film sont d&#8217;ailleurs présentes de manière appuyée dans “Burn after reading” : reproduction de scènes (comme la scène du faux touriste), musique de film d&#8217;espion, répliques de films d&#8217;espions (les deux dans la sublime scène avec Brad Pitt et Malkovitch), réflexes de films d&#8217;espions vintage (aller donner des documents à l&#8217;ambassade de Russie vingt ans après la fin de la guerre froide, il faut vraiment vivre dans un film d&#8217;espion), ellipses narratives puisque le reste de l&#8217;action se déroule comme dans les films d&#8217;espion.</p>
<p style="text-align: justify;">Sauf que chez les frères Coen, les espions sont au chômage ou commis aux affaires de divorce, et que ce ne sont pas eux la puissance occulte qui nous gouverne.<br />
Ces espions et autres CSP+ pourraient mener une petite vie tranquillou.<br />
Mais ils sont arrêtés par une puissance occulte.<br />
Car il y a bien une puissance occulte qui nous gouverne, et c&#8217;est pour ça que situer le film à Washington pour opérer ce transfert de pouvoir occulte etc. est très malin.<br />
Cette puissance occulte n&#8217;est dévoilée que dans la scène finale, qui est une grande matière à réflexion : c&#8217;est la League of Morons (in French : “La Confrérie des Abrutis”). Or, il s&#8217;agit là d&#8217;un fertile terreau de réflexion : effectivement, notre époque n&#8217;est-elle pas dirigée en sous-main par une Confrérie d&#8217;Abrutis en train de se liguer pour désorganiser nos vies bien réglées ?</p>
<p style="text-align: center;"><img id="imgRsz" class="photo" title="Burn After Reading - John Malkovich" src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/18/65/71/80/18975377.jpg" alt="Burn After Reading - John Malkovich" /></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><em>La scène finale (pas de spoiler chez nous!)</em></p>
<p style="text-align: justify;">En tout cas, de nombreuses pages ont été écrites sur cette question, qui creusent le sujet avec constance.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://diaryofananxiousblackwoman.blogspot.com/2008/09/league-of-morons-nation-of-idiots-my.html" target="_blank">Ici</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://lilokpelikula.wordpress.com/2008/11/29/the-league-of-morons-in-burn-after-reading-joel-and-ethan-coen-2008/" target="_blank">Ici</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://davethenovelist.wordpress.com/2008/09/15/a-review-of-the-coen-brothers-burn-after-reading/" target="_blank">Ici</a></p>
<p style="text-align: justify;">Et ce n&#8217;est pas le moindre apport de ce film que d&#8217;avoir soulevé l&#8217;existence de cette Confrérie. Une fois que l&#8217;on a mis un nom sur ces forces occultes qui nous poussent à reprendre des papiers administratifs, à faire des files d&#8217;attentes indues, on regarde les responsables comme s&#8217;ils étaient des taupes de cette League of Morons qui nous gouverne.</p>
<p style="text-align: justify;">La vérité est ailleurs.</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Be Happy, de Mike Leign, ou : anti film d&#8217;apprentissage</title>
		<link>http://www.esprits-critiques.com/art-qui-bouge-cine/be-happy-de-mike-leign-ou-anti-film-dapprentissage/</link>
		<comments>http://www.esprits-critiques.com/art-qui-bouge-cine/be-happy-de-mike-leign-ou-anti-film-dapprentissage/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 31 Aug 2008 19:51:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Aurelie</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art commercial (pub)]]></category>
		<category><![CDATA[Art des chiffons (mode)]]></category>
		<category><![CDATA[Art moyen (photo)]]></category>
		<category><![CDATA[Art qui bouge (ciné)]]></category>
		<category><![CDATA[Temps Perdu]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[critique]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[humour]]></category>

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		<description><![CDATA[
«Be Happy» c’est l’histoire d’une nana fofolle au début, qui est vachement adulte à la fin.
Roman d’apprentissage, me diras-tu.
Sauf que pas du tout, parce qu’à la différence du Jeune Werther, Poppy ne change pas d’un iota entre la première image (où elle fait du vélo dans une tenue bariolée) et la dernière (où elle fait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img id="imgRsz" class="photo" title="Be Happy" src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/18/66/38/14/18959695.jpg" alt="Be Happy" width="477" height="634" /></p>
<p>«Be Happy» c’est l’histoire d’une nana fofolle au début, qui est vachement adulte à la fin.<br />
Roman d’apprentissage, me diras-tu.</p>
<p>Sauf que pas du tout, parce qu’à la différence du Jeune Werther, Poppy ne change pas d’un iota entre la première image (où elle fait du vélo dans une tenue bariolée) et la dernière (où elle fait de la barque dans une tenue bariolée). Elle vit au milieu d’enfants (elle est instit) et n’a toujours pas son permis (le rite de passage dans la vie d’adulte).<br />
Le personnage ne connaît aucune évolution, ce qui constitue un schéma narratif relativement original.<br />
D’ailleurs, comme ça, là, maintenant, pouf, je n’ai aucun autre exemple qui me vienne à l’esprit d’un personnage qui n’évolue pas au cours d’un livre ou d’un film.</p>
<p><img id="imgRsz" class="photo" title="Be Happy - Sally Hawkins" src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/18/66/38/14/18950414.jpg" alt="Be Happy - Sally Hawkins" width="515" height="342" /></p>
<p>Donc, pour faire une narration avec un personnage qui n’évolue pas mais qui devient adulte, c’est donc qu’il faut faire évoluer les autres personnages, si vous me suivez bien.<br />
C’est là qu’entrent en scène des seconds rôles particulièrement gratinés.<br />
Sa prof de flamenco démentielle, qui vient de Séville, «ville connue pour ses merveilleuses oranges, que, vous, les Anglais, transformez en marmelade dégueulasse».<br />
Son moniteur d’auto-école psychorigide, qui voit la route comme le territoire d’un complot.<br />
Sa soeur enceinte hystérique et castratrice (oui, tout ça à la fois).</p>
<p>Les personnages qui jouent le plus aux adultes pètent tous un cable à un moment où à un autre.<br />
Or, la manière dont ils pètent leur durite rèvèle très exactement leur décalage interne : ils se définissent de manière extérieure.<br />
La prof de flamenco prend son rôle trop au sérieux.<br />
La soeur répète sans cesse qu’il faut être adulte.<br />
Le moniteur d’auto-école reprend ses esprits en disant : «je suis un bon prof».<br />
Ce sont donc des personnages qui placent leur équilibre dans une définition externe, et qui explosent au contact de Poppy à qui l’idée de se référer à autre chose qu’à elle-même ne vient pas à l’esprit, surtout pas quand il s’agit de ne pas assortir un collant violet à une jupe rose, un pull bleu et des bottes jaune<br />
<img id="imgRsz" class="photo" title="Be Happy - Eddie Marsan et Sally Hawkins" src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/18/66/38/14/18950421.jpg" alt="Be Happy - Eddie Marsan et Sally Hawkins" width="525" height="349" /></p>
<p>Poppy regarde les personnages exploser.<br />
Et Poppy la fofolle sait toujours réagir de manière parfaitement juste dans toutes les situations.<br />
Elle n’hésite pas, elle est adulte.<br />
C’est le regard du spectateur qui possède le point de vue englobant, qui change pour percevoir toute la sagesse du personnage qui trouve sa vérité en lui-même et non dans les autres.<br />
La définition de la sagesse change.<br />
Et des films qui te font revoir tes définitions, reconnais que ce n’est pas courant.<br />
<img id="imgRsz" class="photo" title="Be Happy - Sally Hawkins" src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/18/66/38/14/18950425.jpg" alt="Be Happy - Sally Hawkins" width="524" height="348" /></p>
<p>Même s’il faut le dire, Poppy, on a parfois envie de lui filer des baffes pour qu’elle se taise.<br />
<img id="imgRsz" class="photo" title="Be Happy - Alexis Zegerman et Sally Hawkins" src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/18/66/38/14/18950424.jpg" alt="Be Happy - Alexis Zegerman et Sally Hawkins" width="519" height="346" /></p>
<p><em>Et que je parle, et que je parle&#8230;<br />
</em></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Sur le concept de &#8220;film avec des policiers&#8221;</title>
		<link>http://www.esprits-critiques.com/art-qui-bouge-cine/sur-le-concept-de-film-avec-des-policiers/</link>
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		<pubDate>Fri, 25 Jul 2008 20:36:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dirty Monkey</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art qui bouge (ciné)]]></category>
		<category><![CDATA[boorman]]></category>
		<category><![CDATA[eastwood]]></category>
		<category><![CDATA[film noir]]></category>
		<category><![CDATA[polar]]></category>
		<category><![CDATA[policier]]></category>
		<category><![CDATA[We own the night]]></category>

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		<description><![CDATA[Certains, sur ce blog où j&#8217;écris pour la première fois, me reprochent de n&#8217;aimer &#8211; je cite &#8211; “que les films avec des policiers”.
C&#8217;est faux. J&#8217;aime aussi les films où l&#8217;on trouve :

des shériffs
des US Marshalls
des détectives privés
des gendarmes
des agents secrets
des gardes frontières
de la police militaire
des agents de l&#8217;ATF (alcohol, tobaccos and firearms)

Citons, en donnant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Certains, sur ce blog où j&#8217;écris pour la première fois, me reprochent de n&#8217;aimer &#8211; je cite &#8211; “que les films avec des policiers”.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est faux. J&#8217;aime aussi les films où l&#8217;on trouve :</p>
<ul>
<li>des shériffs</li>
<li>des US Marshalls</li>
<li>des détectives privés</li>
<li>des gendarmes</li>
<li>des agents secrets</li>
<li>des gardes frontières</li>
<li>de la police militaire</li>
<li>des agents de l&#8217;ATF (alcohol, tobaccos and firearms)</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Citons, en donnant un film par type de représentant de la force publique autre que policier au sens propre: <em>Warlock, The Fugitive, Chinatown, Ne le dis à personne, The Bourne Trilogy, The Three Burials of Melquiades Estrada, In the Valley of Elah, Déjà vu</em> (même si ce dernier n&#8217;est pas terrible, OK).</p>
<p style="text-align: justify;">À l&#8217;inverse, les films qui mettent en scène des agents de la NSA sont, à mes yeux, tous profondément piteux. Et les choses se gâtent lorsque l&#8217;on mélange les genres. La présence simultanée, par exemple, de policiers,  d&#8217;agents secrets (surtout lorsqu&#8217;ils appartiennent à des agences concurrentes et portent des habits où sont inscrits en très très gros le nom des dites agences), de shérifs et de détectives privés est normalement un signe indubitable (Aristote dirait : un <em>tekmèrion</em>) d&#8217;absolue nullité. Je n&#8217;ai jamais rencontré de film où un agent secret rencontrait un garde-frontière, donc je n&#8217;ai pas d&#8217;avis sur la question.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/chinatown.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-100" title="chinatown" src="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/chinatown.jpg" alt="" width="418" height="341" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><em>Chinatown</em>, 1976</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">De même, ne soyons pas sectaires, des films contenant exclusivement des policiers, des shérifs, des US Marshalls, des détectives privés, des gendarmes, des agents secrets, des gardes frontières, des membres de la police militaire ou des agents de l&#8217;ATF peuvent également être très très mauvais. Mais c&#8217;est quand même rare. Un bel uniforme bien porté à l&#8217;écran -si possible accompagné d&#8217;un beau pistolet ou d&#8217;un gros fusil- est normalement prometteur d&#8217;un bon moment de cinéma.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais pourquoi donc s&#8217;intéresser aux films avec des policiers ? Pour la violence ? Pour les clichés ? Pour le suspense ? Par amour de l&#8217;ordre ? Les trois premières raisons sont sans valeur. La dernière est inconsciente, et il est par conséquent difficile d&#8217;en parler.</p>
<p style="text-align: justify;">Restent trois raisons objectives. La première est narrative ; les deux autres, pour ainsi dire, atmosphérique :</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> Raison n°1</strong> : le film avec des policiers représente la quintessence de la construction narrative.</p>
<p style="text-align: justify;">Exemple : <em>L.A. Confidential </em>(Curtis Hanson, 1997)</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> Raison n°2 </strong>: entre les mains d&#8217;un réalisateur talentueux, une histoire avec des policiers peut offrir, plus que toute autre, l&#8217;occasion de créer une ambiance cinématographique réussie.</p>
<p style="text-align: justify;">Exemple : <em>Mystic River (</em>Clint Eastwood, 2003)</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Raison n°3</strong> : sous ses airs popu, le film avec des policiers peut offrir l&#8217;occasion d&#8217;innovations esthétiques majeures.</p>
<p style="text-align: justify;">Exemple : <em>Point Blank </em>(John Boorman, 1967)</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/point_blank_1967.gif"><img class="aligncenter size-full wp-image-99" title="point_blank_1967" src="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/point_blank_1967.gif" alt="" width="150" height="236" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Le problème est que la présence d&#8217;un policier (ou d&#8217;un shérif, d&#8217;un gendarme, bref&#8230;) n&#8217;est pas à même d&#8217;assurer à elle seule la réussite du projet et de créer 1. une bonne construction narrative, 2. une ambiance réussie, 3. un résultat esthétiquement intéressant. La présence de l&#8217;une de ces trois qualités est déjà une bonne chose. Deux, cela devient un challenge. Trois, cela devient un chef d&#8217;oeuvre.</p>
<p style="text-align: justify;">Prenons quelques exemples en nous appuyant sur des productions récentes : <em>Blood Work </em>(Eastwood, 2002), ainsi, possède la qualité n°1, pas la 2. Quant à la 3, il en est si dépourvu qu&#8217;il se trouve entièrement ruiné par  le grotesque de la (trop longue) scène finale. <em>The Untouchables </em>(De Palma, 1987), quant à lui, possède la qualité n°2, mais est totalement privé de la qualité n°1. La 3 est totalement absente, c&#8217;est du lourd. <em>Police Python 357</em>, (Alain Corneau, 1976), enfin,  l&#8217;un des polars français les plus nuls jamais réalisé (merci Corneau), est dépourvu de la qualité n°1, mais aussi de la 2 et de la 3. Et pourtant, Yves Montand a un très très gros revolver (le même, d&#8217;ailleurs que Harry Callahan, The Big Dirty, c&#8217;est dire).</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/montand.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-101" title="montand" src="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/montand.jpg" alt="" width="380" height="240" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Mais venons en maintenant à trois polars récents dont j&#8217;avais tout d&#8217;abord décidé de parler ici avant de dériver. Tous trois sont sortis en 2007, et contiennent au moins un policier :  <em>Eastern Promises </em>(Cronenberg &#8211; policiers + policiers infiltrés), <em>Gone Baby Gone</em> (policiers + détectives privés), <em>We Own the Night </em>(policiers, plein plein plein plein de policiers).</p>
<p style="text-align: justify;">Dans les trois cas, la critique fut unanime. Ulysse sautait dans tous les sens sur les pages de Télérama. Le Monde se pâmait. Et Télé Loisirs décernait à chacun trois Saucissons d&#8217;or, la note maximale.</p>
<p style="text-align: justify;">Et pourtant.</p>
<p style="text-align: justify;">Et pourtant, ces trois films avec des policiers sont de qualité inégale. Dans mon palmarès, cela donne :</p>
<ul>
<li>1. Gone Baby Gone </li>
<li>2. Eastern Promises </li>
<li>99. We Own the Night</li>
</ul>
<p>Finalement, plutôt que de parler des deux premiers, sur lesquels je reviendrai une autre fois, nous allons nous pencher plus précisément sur le 99e film de ce classement. (<strong>Spoilers, Watch Out !</strong>)</p>
<p style="text-align: justify;"><em>We Own the Night,</em> c&#8217;est l&#8217;histoire d&#8217;un mec (J. Phoenix) qui est un peu malfrat. J&#8217;aime quand J. Phoenix joue des malfrats, cela me rappelle la première fois où je l&#8217;ai vu (pour autant que je puisse m&#8217;en souvenir) dans <em>The Yards</em>&#8230; de James Gray. Soit le deuxième film du réalisateur du film don&#8217;t nous parlons (<em>We Own Machin</em>&#8230;).</p>
<p style="text-align: justify;">Donc c&#8217;est un mec qui est un peu malfrat. Il tient une boîte de nuit à NYC pour un parrain russe. Ce faisant, le film présente la qualité n°2 au plus haut point : ambiance disco années 80 (le film commence  avec Heart of Glass en bande son, sur un plan de semi-boule), belles scènes de danse avec rupture sur arrières-cours glauques.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/12nigh600.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-102" title="12nigh600" src="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/12nigh600-300x168.jpg" alt="" width="300" height="168" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est alors (<strong>*spoiler*</strong>) qu&#8217;on découvre que Joachim, son frère est un super policier, et que son papa est le chef de tous les policiers de NY. Bon pour le point 2 : le contraste boîte / bal de la police est bien réussi. Mais ruine totale de la qualité n°1 (on ne reviendra pas sur la 3, absente du film : bien cadré, bien monté, rien de fracassant).</p>
<p style="text-align: justify;">Comment comprendre cette totale absence de qualité n°1 ?</p>
<p style="text-align: justify;">La film avec des policiers est,  par essence, structuraliste et actantiel. Il y a une histoire qui se déroule, avec des héros qui progressent et qui rencontrent des obstacles selon des schémas bien définis, comportant des variations elles-mêmes définies selon le modèle mis en place par Vladimir Propp à propos du conte traditionnel (<em>Morphologie du conte</em>, 1965).</p>
<p style="text-align: justify;">Le problème, c&#8217;est qu&#8217;un schéma trop défini n&#8217;est propre à séduire que les abrutis. Et que <em>W</em><em>e Own the Night</em> séduit les abrutis.</p>
<p style="text-align: justify;">En effet (<strong>*spoiler*</strong>), l&#8217;idée du film est la suivante : Joachim est devenu malfrat because son Oedipe. Alors il ricane beaucoup face aux policier, joue aux durs, et planque sa filiation auprès de ses potes les gros russes. Un jour, ses potes les gros russes s&#8217;en prennent aux policiers et flinguent son frère (ils le ratent, les cons) et son papa (ils le butent, les cons). Alors Joachim est fâché, se met à aimer les policiers, à aider les policiers, à devenir policier lui-même. Sans rire, c&#8217;est énorme, mais le scénario n&#8217;y va pas par quatre chemins : Joachim s&#8217;engage dans le NYPD comme trouffion de base. Et il tue plein de malfrats. Comme ça il venge son papa.</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #0000ee; text-decoration: underline;"><a href="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/joachimlepolicier.jpg"></a><a href="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/joachimlepolicier.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-103" title="weownthenight18" src="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/joachimlepolicier-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a></span></p>
<p style="text-align: justify;">Pourquoi est-ce si nul ? Parce qu&#8217;on a là un variante faiblarde du motif du “héros caché”, du méchant qui dissimulait sa nature bénéfique. D&#8217;habitude, c&#8217;est un policier infiltré (<em>The Departed,</em> mais aussi <em>Eastern Promises</em>, bien que ce soit un peu plus compliqué comme on le verra le jour où j&#8217;en causerai). Ici, c&#8217;est un type converti en malfrat qui redevient gentil pour faire comme sa famille propre sur elle.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui signifie que le moteur de l&#8217;action, c&#8217;est le génome de Joachim. Ses gênes de flic en somme.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-104" title="we_own_the_night_still" src="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/we_own_the_night_still-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">Et d&#8217;un point de vue actantiel, les gênes, c&#8217;est quand même très très nul&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000; text-decoration: underline;"><br />
</span></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Cannes, son tapis rouge, ses Palmes d&#8217;Or pour les scénarios de plus de 3h vs. les hommes en collants moulants, les Elus, les Mutants et tous les héros des films de Michael Bay</title>
		<link>http://www.esprits-critiques.com/pause-lindt/cannes-son-tapis-rouge-ses-palmes-dor-pour-les-scenarios-de-plus-de-3h-vs-les-hommes-en-collants-moulants-les-elus-les-mutants-et-tous-les-heros-des-films-de-michael-bay/</link>
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		<pubDate>Tue, 15 Jul 2008 04:12:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JN</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Pour d&#233;buter cette dure et courte semaine, autant commencer avec un peu de fun&#8230;
Encore une fois, merci &#224; Jessica and son indexed.com&#160;qui r&#233;ussit &#224; mettre en &#233;vidence le lien entre sc&#233;nario et images de synth&#233;ses!
Apr&#233;s avoir vu son graphique, je me suis dis: &#34;Pur&#233;e (&#231;a non, mais je ne peux pas encore vous livrer les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font face="Verdana" size="2">Pour d&eacute;buter cette dure et courte semaine, autant commencer avec un peu de fun&#8230;</font></p>
<p><font face="Verdana" size="2">Encore une fois, merci &agrave; Jessica and son </font><a href="http://indexed.blogspot.com/"><font face="Verdana" size="2">indexed.com</font></a><font face="Verdana" size="2">&nbsp;qui r&eacute;ussit &agrave; mettre en &eacute;vidence le lien entre sc&eacute;nario et images de synth&eacute;ses!</font></p>
<p><font face="Verdana" size="2">Apr&eacute;s avoir vu son graphique, je me suis dis: &quot;Pur&eacute;e (&ccedil;a non, mais je ne peux pas encore vous livrer les noirs desseins de mon &acirc;me et ma propension &agrave; utiliser un langage de marin portugais sous Mojito), c&#8217;est trop vrai!&quot;<br />
Bien entendu, je reste ouvert pour discuter de vos pens&eacute;es &#8211; en accord ou non avec le dessin.</font></p>
<p><font face="Verdana" size="2">Enjoy !</font></p>
<p align="center"><font face="Verdana" size="2"><img style="width: 413px; height: 294px" height="222" alt="[card1664.JPG]" width="235" border="0" src="http://bp0.blogger.com/_FBXGhy-QmVw/SHs_jwvMz0I/AAAAAAAAB6U/nD0MCCWZSFc/s1600/card1664.JPG" /></font></p>
<p align="left"><font face="Verdana" size="2">PS : Non, je n&#8217;ai rien contre les films de Michael BAY (contrairement &agrave; d&#8217;autres : &quot;Michael Bay est souvent consid&eacute;r&eacute; par les cin&eacute;philes comme un pi&egrave;tre cin&eacute;aste.&quot;&nbsp;: </font><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Bay"><font face="Verdana" size="2">ici</font></a><font face="Verdana" size="2">) ni contre Michael BAY en personne (mis &agrave; part qu&#8217;il n&#8217;est pas tr&egrave;s bon joueur et la derni&egrave;re fois, &agrave; Houston, il a pleur&eacute; et boud&eacute; quand il s&#8217;est fait &eacute;cras&eacute; au </font><a href="http://clublesboitesajeux.unblog.fr/2007/11/22/pikomino/"><font face="Verdana" size="2">Pikomino</font></a><font face="Verdana" size="2">&nbsp;par votre serviteur, qui est une star du Piko <img alt="" src="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/plugins/deans-fckeditor-for-wordpress-plugin/smiles/msn/wink_smile.gif" />)</font></p>
<p align="left"><font face="Verdana" size="2">&nbsp;PPS : Encore une fois pour les non-anglophones: <br />
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; Plot: Sc&eacute;nario<br />
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; CGI (Computer Generated Images) : images g&eacute;n&eacute;r&eacute;es par ordinateur i.e. images de synth&eacute;se</font></p>
<p align="left">&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>SFX or not (De la schizophrénie ambiante dans le cinéma hollywodien contemporain)</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Jun 2008 17:16:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art qui bouge (ciné)]]></category>
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		<category><![CDATA[The Happening]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans une r&#233;cente interview li&#233;e &#224; la sortie imminente de The Dark Knight, le nouvel &#233;pisode des aventures de Batman, Christopher Nolan tenait les propos suivants : &#34;Les blockbusters ressemblent de plus en plus &#224; des films d&#8217;animation ou &#224; des jeux vid&#233;o. C&#8217;est parfois tr&#232;s peu cin&#233;matographique, il faut se poser la question du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><img height="200" align="right" width="300" src="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/uploads/image/18776555.jpg" alt="" />Dans une r&eacute;cente interview li&eacute;e &agrave; la sortie imminente de <em>The Dark Knight</em>, le nouvel &eacute;pisode des aventures de Batman, Christopher Nolan tenait les propos suivants : &quot;<em>Les blockbusters ressemblent de plus en plus &agrave; des films d&#8217;animation ou &agrave; des jeux vid&eacute;o. C&#8217;est parfois tr&egrave;s peu cin&eacute;matographique, il faut se poser la question du recours &agrave; la conception graphique par ordinateur.</em>&quot; Propos repris par un Steven Spielberg, faisant son mea-culpa (justifi&eacute;) quant &agrave; l&#8217;utilisation abusive des effets num&eacute;riques dans le dernier <em>Indiana Jones</em>. Situation ironique, quand on repense que c&#8217;est le m&ecirc;me homme qui 15 ans plus t&ocirc;t, rejetait certains animatronics du r&eacute;cemment d&eacute;c&eacute;d&eacute; Stan Winston, au profit de dinosaures num&eacute;riques pour <em>Jurassic Park</em>. A Hollywood, nous voil&agrave; donc au point de d&eacute;part d&#8217;une nouvelle querelle entre anciens et modernes.</p>
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<p align="justify">Et cette fois encore, nous douterons de l&#8217;int&eacute;r&ecirc;t d&#8217;une telle querelle, m&ecirc;me si elle soul&egrave;ve un probl&egrave;me certain. Car, si les r&eacute;cents <em>Transformers</em> ou <em>Indiana Jones et le Royaume du Cr&acirc;ne de Cristal</em> (quel titre imbuvable aussi) ont d&eacute;&ccedil;u, ce n&#8217;est pas tant &agrave; cause des effets sp&eacute;ciaux, mais surtout &agrave; cause de scripts nullissimes. Heureusement, la r&eacute;cente actualit&eacute; cin&eacute;matographique nous rassure quant &agrave; l&#8217;&eacute;tat de sant&eacute; du cin&eacute;ma hollywoodien, gr&acirc;ce &agrave; des mavericks aussi radicaux qu&#8217;aux ambitions diam&egrave;tralement oppos&eacute;es.</p>
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<p align="justify"><img height="300" align="right" width="206" alt="" src="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/uploads/image/18876048.jpg" />Tout d&#8217;abord, parlons du dernier film de M. Night Shyamalan, succ&eacute;dant au cuisant &eacute;chec au box-office de <em>La Jeune Fille de l&#8217;Eau</em>, projet il est vrai un tantinet audacieux, hors-normes et tout de m&ecirc;me un brin m&eacute;galomaniaque. Rappelons que dans ce dernier, le r&eacute;alisateur s&#8217;&eacute;tait donn&eacute; le r&ocirc;le d&#8217;un auteur dont le livre devait changer la face du monde tandis que l&#8217;un des rares personnages n&eacute;gatifs du film &eacute;tait un critique de films misanthrope, incapable de d&eacute;crypter les signes propos&eacute;s par Paul Giamatti, expiant son incomp&eacute;tence crasse par la mort. Je ne soulignerai donc pas plus la subtilit&eacute; du propos&#8230;</p>
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<p align="justify">Revenons en &agrave; <em>The Happening</em> (votre serviteur &eacute;tant allergique au banal titre fran&ccedil;ais de <em>Ph&eacute;nom&egrave;nes</em>). Afin de tenter de renouer avec le box-office, notre wonder-boy cin&eacute;aste renoue avec un sujet fantastique modeste et un cin&eacute;ma tr&egrave;s classique dans la forme. Pour cette histoire de suicides collectifs provoqu&eacute;s par la nature, Shyamalan met en place une mise en sc&egrave;ne minimaliste et efficace. Les images des suicides, froides, simples, m&eacute;thodiques, contribuent &agrave; la cr&eacute;ation d&#8217;un climat apocalyptique particuli&egrave;rement cr&eacute;dible. Par la suite, le moindre brin d&#8217;herbe devient suspect et une simple plante verte dans un appartement vous fera sursauter sur votre si&egrave;ge. Il est rassurant de voir Shyamalan, comme le dernier grand cin&eacute;aste classique, d&eacute;miurge h&eacute;ritier de Kubrick et Hitchcock, capable de combiner mise en sc&egrave;ne rigoureuse et succ&egrave;s aupr&egrave;s du public. Dommage que le propos du film soit encore une fois alourdi par une fin moralisante et maladroite.</p>
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<p align="justify">A l&#8217;oppos&eacute; de cet objet rigoureux, nous retiendrons une d&eacute;marche totalement oppos&eacute;e, mais tout aussi louable. avec <em>Speed Racer</em>. Avec leur adaptation d&#8217;un dessin anim&eacute; japonais des ann&eacute;es 60 au graphisme bariol&eacute; et au sc&eacute;nario st&eacute;r&eacute;otyp&eacute;, les fr&egrave;res Wachowski viennent de subir un cuisant &eacute;chec au box-office am&eacute;ricain, qui fait le bonheur de tous ceux qui d&eacute;testent le cin&eacute;ma des deux frangins depuis <em>Matrix Reloaded</em>. Soit une bonne majorit&eacute; de la critique et du public. Et pourtant, comme il est dommage de bouder son plaisir devant le spectacle qui nous est offert deux heures durant.</p>
<p align="center"><img height="213" width="500" alt="" src="http://esprits-critiques.com/theblog/wp-content/uploads/image/18873410.jpg" /></p>
<p align="justify">Un festival de couleurs et d&#8217;id&eacute;es visuelles comme rarement vu depuis une paire d&#8217;ann&eacute;es; des id&eacute;es de montage et de mise en sc&egrave;ne audacieuses (l&#8217;utilisation d&#8217;aplats en 2D, d&#8217;arri&egrave;res-plans en mouvement illustrant les souvenirs &eacute;voqu&eacute;s par Emile Hirsch, les visages des protagonistes utilis&eacute;s comme des volets pour passer d&#8217;un d&eacute;cor &agrave; un autre); et, malgr&egrave; un sc&eacute;nario convenu et enfantin, des personnages attachants incarn&eacute;s par des com&eacute;diens de talent (juste un regret concernant une Christina Ricci injustement sous-exploit&eacute;e).</p>
<p align="justify">Tourn&eacute; int&eacute;gralement sur fond vert, <em>Speed Racer</em> tombe &agrave; pic pour faire mentir Christopher Nolan. Car, au final, ce qui compte n&#8217;est pas l&#8217;omnipr&eacute;sence ou non des effets sp&eacute;ciaux, mais la qualit&eacute; du sc&eacute;nario et la capacit&eacute; &agrave; faire exister des personnages : c&#8217;est &agrave; dire l&agrave; o&ugrave; &eacute;choue totalement le dernier <em>Indiana Jones</em> et r&eacute;ussit magistralement <em>Speed Racer</em>. De l&#8217;audace, encore de l&#8217;audace, toujours de l&#8217;audace.</p>
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