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“Je tremble” de Joël Pommerat aux Bouffes du Nord, ou : du David Lynch en art vivant

Posted on : 01-10-2008 | By : Aurelie | In : 3615 MA VIE, Art (pour l'art), Art des chiffons (mode), Art moyen (photo), Art qui bouge, mais en plus petit (TV), Art vivant (théâtre)

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Landau qui commence à chuter du quai du port du Cuirassé Potemkine jusqu’au quai de la gare des Incorruptibles, mises en scène et en abyme, intertextualité…l’art imite l’art, et se fout complètement de la vie.

http://analysefilmique.free.fr/analyse/c/pcuira4.jpg

Les Incorruptibles - Kevin Costner

Et hop, je le rattrape

Vous me direz, Christine Angot raconte bien sa vie dans ses romans.
Certes, mais comme le rappelle Woody Allen, «la vie n’imite pas l’art, la vie imite la mauvaise télévision».
De là à dire que la littérature de Christine Angot ressemble à de la mauvaise télévision… La télévision a au moins pour but de détendre son public, non ?
Mais là n’est pas le problème.
La particularité terriblement intelligente de la mise en scène de «Je Tremble» de Joël Pommerat au Théâtre des Bouffes du Nord, c’est qu’elle rend hommage à un art à travers un autre.
Un spectacle d’art vivant qui rend hommage au cinéma qui rend hommage à l’art vivant, mais qui rend également hommage à la littérature qui rend hommage à l’art vivant.
«Je Tremble» rappelle la scène de théâtre dans «Mulholland Drive» : jeux sur les play-back, couleurs en a-plat, costumes de scène brillants, évocation du rêve, danses burlesques.

Mulholland Drive

Impossible de trouver la scène du théâtre sur le Net, voici une scène d’enregistrement

Mais on y retrouve également les scènes de torture d’ «American Psycho», dont l’atrocité est précisément décrite par Bret Easton Ellis et qui sont mises en scène en arrière-fond.

American Psycho - Christian Bale

C’est terriblement efficace, et on touche, comme le souligne Lynch qui rappelle la proximité entre rêve et théâtre (“Silenzio”), au fondement de l’illusion dramatique. J’avance en désignant mon masque. Larvatus prodeo (eh ouais, quand je m’enflamme, je parle latin).

Cette proximité entre rêve et théâtre est également soulignée par Claudel dans «L’échange», mais il s’agit d’une mise en abyme simple (du théâtre au théâtre) et non une mise en abyme réflexive (du théâtre au théâtre en passant par le cinéma).
C’est parce qu’elles passent par la médiation des images cinématographiques et littéraires que ces références peuvent se déployer avec force et excès.
C’est la médiation par le cinéma et la littérature (arts figés) qui permet de rappeler à quel point l’art vivant est… vivant.
Ainsi, l’évocation des scènes qui se veulent réalistes (réaction de la famille face au retour de la fille droguée), sont-elles particulièrement réalistes dans leur excès. C’est bien la vie qui s’y déploie.
Résultat : un des spectacles les plus fort qu’on ait vu ces derniers temps.

Be Happy, de Mike Leign, ou : anti film d’apprentissage

Posted on : 31-08-2008 | By : Aurelie | In : Art commercial (pub), Art des chiffons (mode), Art moyen (photo), Art qui bouge (ciné), Temps Perdu

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Be Happy

«Be Happy» c’est l’histoire d’une nana fofolle au début, qui est vachement adulte à la fin.
Roman d’apprentissage, me diras-tu.

Sauf que pas du tout, parce qu’à la différence du Jeune Werther, Poppy ne change pas d’un iota entre la première image (où elle fait du vélo dans une tenue bariolée) et la dernière (où elle fait de la barque dans une tenue bariolée). Elle vit au milieu d’enfants (elle est instit) et n’a toujours pas son permis (le rite de passage dans la vie d’adulte).
Le personnage ne connaît aucune évolution, ce qui constitue un schéma narratif relativement original.
D’ailleurs, comme ça, là, maintenant, pouf, je n’ai aucun autre exemple qui me vienne à l’esprit d’un personnage qui n’évolue pas au cours d’un livre ou d’un film.

Be Happy - Sally Hawkins

Donc, pour faire une narration avec un personnage qui n’évolue pas mais qui devient adulte, c’est donc qu’il faut faire évoluer les autres personnages, si vous me suivez bien.
C’est là qu’entrent en scène des seconds rôles particulièrement gratinés.
Sa prof de flamenco démentielle, qui vient de Séville, «ville connue pour ses merveilleuses oranges, que, vous, les Anglais, transformez en marmelade dégueulasse».
Son moniteur d’auto-école psychorigide, qui voit la route comme le territoire d’un complot.
Sa soeur enceinte hystérique et castratrice (oui, tout ça à la fois).

Les personnages qui jouent le plus aux adultes pètent tous un cable à un moment où à un autre.
Or, la manière dont ils pètent leur durite rèvèle très exactement leur décalage interne : ils se définissent de manière extérieure.
La prof de flamenco prend son rôle trop au sérieux.
La soeur répète sans cesse qu’il faut être adulte.
Le moniteur d’auto-école reprend ses esprits en disant : «je suis un bon prof».
Ce sont donc des personnages qui placent leur équilibre dans une définition externe, et qui explosent au contact de Poppy à qui l’idée de se référer à autre chose qu’à elle-même ne vient pas à l’esprit, surtout pas quand il s’agit de ne pas assortir un collant violet à une jupe rose, un pull bleu et des bottes jaune
Be Happy - Eddie Marsan et Sally Hawkins

Poppy regarde les personnages exploser.
Et Poppy la fofolle sait toujours réagir de manière parfaitement juste dans toutes les situations.
Elle n’hésite pas, elle est adulte.
C’est le regard du spectateur qui possède le point de vue englobant, qui change pour percevoir toute la sagesse du personnage qui trouve sa vérité en lui-même et non dans les autres.
La définition de la sagesse change.
Et des films qui te font revoir tes définitions, reconnais que ce n’est pas courant.
Be Happy - Sally Hawkins

Même s’il faut le dire, Poppy, on a parfois envie de lui filer des baffes pour qu’elle se taise.
Be Happy - Alexis Zegerman et Sally Hawkins

Et que je parle, et que je parle…

Exposition années folles au Musée Galliera, ou : Protagoras peut aller se rhabiller

Posted on : 03-03-2008 | By : Aurelie | In : Art des chiffons (mode)

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Je tiens à dire dans un premier temps que j’adoooooore (Louxor et) la mode des années 20, cette période de libération des corps entre les sophistications stériles des corsets et les immondes sacs à patates en satin des années 30, qui ont péniblement démontré pendant près d’une décennie que décidément, non, le fourreau, même coupé dans le biais, ça ne va à personne.

 

Boëge, la marque qui te rend beau ou comment “Esprits Critiques” se la joue “The Sartorialist” !

Posted on : 22-01-2008 | By : JN | In : Art des chiffons (mode)

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Comme "Esprits Critiques" veut être ton ami, il te donne des conseils pour être beau dans ta vie ! (Merci d’apprécier la rime absolument fortuite…)

Donc, pour faire simple, tu es un homme (et ça, c’est déjà un bon début…), tu rêves d’un polo/chemise (tu hésites encore…), 100% coton Japonais (là, tu vas un peu loin mais nous relevons le défi…) et tu recherches le petit plus qui fera la différence sur ton corps svelte et musclé…

Alors arrête toi là, petit homme et savoure…