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ESPRITS-CRITIQUES II (le retour!) mais en douceur, avec un verre d’eau et un petit Tylenol (contre la migraine et la grippe A!)

Posted on : 12-10-2009 | By : | In : Art commercial (pub)

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Après 5 mois (moins 7 jours) d’errements spirituello-existentiallo-conceptuels – surtout très concept pour 50% – un petit retour avant de grands changements… [P**, ils nous saoulent avec ces teasers à 2 francs, que dis-je, 2 roubles... Mais, là, je ne mens pas...]

Revenons à nos moutons…

Voici, une campagne publicitaire, plutôt sympa, présentée par Vale Euro RSCG, pour le Tylenol.

Le Tylenol, c’est un peu l’Advil du Nord-Américain : ça soulage la douleur (mieux que Synthol), fait descendre la fièvre, féconde les vierges, atténue les allergies, diminue la toux et permet de contrecarrer la grippe (non, pas la A, pour ça, il y a le Tamiflu ou le truc des chinois!)

Tout ça pour parler de cette campagne pour le Tylenol, qui a pour accroche publicitaire : “There are some questions that are such a headache”, qui peut être traduite, dans la belle langue de Molière, par “Il y a des questions qui sont une vraie prise-de-tête.” (Merci à Fubiz, pour les photos)

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Alors, qu’en pensez-vous?

A mort les pubs du Bon Marché

Posted on : 19-01-2009 | By : | In : Art commercial (pub)

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Comme je travaille régulièrement du côté de Sèvres-Babylone et que je prends souvent la ligne 10 du métro parisien, je n’échappe à aucune des atroces campagnes de pub du Bon Marché, qui représentent tout ce qu’il y a de haïssable dans la société française.
Les pubs du Bon Marché, par leur absence totale de second degré, sont parmi les plus aliénantes du métro parisien.

Parisianocentrisme en premier lieu. Ce qui paraît normal pour un magasin sis à Paris. Mais le slogan du Bon Marché montre tout ce que cette présentation représente de fermeture d’esprit. En effet, en se proclamant comme représentant de la “rive gauche”, le slogan induit implicitement une opposition avec la rive droite, et par cette opposition binaire rive gauche/rive droite, crée un effet d’exhaustivité, (rien d’autre ne peut être ajouté, la gauche ne s’oppose qu’à la droite ), qui exclut toute autre proposition de cette alternative.
Quid de l’étranger ?
Quid de ce qui n’est pas occidental ?
Je ne parle pas de la province, évidemment.

bon marche soldes

Image trouvée sur le blog de nauconsultants.com

On voit d’ailleurs que lorsque la photo représente une plage, elle est travaillée pour que cette chose n’existant pas à Paris (la mer) soit présentée comme une entité irréelle et en carton.

En plus, opposer la rive gauche à la rive droite, c’est fonctionner sur un mythe, encore typiquement français. C’est la rive gauche chic et intello face à la rive droite populeuse.
Comme si en achetant tes collants au Bon Marché, tu était en gros l’héritier de Sartre et de Juliette Gréco.
Et si tu as juste besoin de t’acheter des collants ?
Et ben tu vas chez Carrouf, pétasse !
Donc, en t’achetant tes collants, tu participes à la consécration de la rive gauche chic, sociable et intello. Tu n’es plus toi-même, tu es l’héritière de Sartre avec tes collants DIM. C’est pour ça qu’ils sont plus chers, note.

Cette aliénation aux mânes de la NRF par le biais de l’enrichissement de Bernard Arnault (le Bon Marché appartient à LVMH) est particulièrement pénible dans l’immonde pub pour la Grande Épicerie (où on ne trouve pas grand chose, contrairement à la rumeur qui circule à Paris. N’importe quel Niçois vous dira que Cap 3000 est beaucoup mieux achalandé).
La voici :

affiche du Bon Marché avec Audrey Marnay

Photo trouvée sur le blog de lorandesign

Ce slogan présente une vie standardisée :
“De quoi parlerez-vous au dessert” : je donne des dîners, je reçois chez moi. C’est l’archétype du “dîner en ville” qui caractérise les gens de la rive gauche entretenant leur réseau. Tu achètes un gâteau au Bon Marché, tu fais partie de l’élite pensante du pays.
“Littérature” : tu es rive gauche. Tu es l’héritier de Sartre, (et par conséquent de BHL).
“Design” : tu es branché, tu es au fait de ce qui se passe dans le monde. Le monde ? Qui vient rive gauche, bien sûr.
“ou chocolat ?” : tu est quand même un jouisseur, un hédoniste, un mec qui ne vit pas entièrement dans ses bouquins, tu sais te faire plaisir. Tu es capable de te taper une heure de file d’attente sous la pluie pour entrer au “Salon du Chocolat” à te faire presser par des rombières emperlousées en manteau de fourure machouillant des chocolats trop sucrés qui se collent à leur dentier.
Audrey Marnay… : tu la reconnais, tu es branché.
…coiffée comme Louise Brooks. C’est l’élégance éternelle, bien sûr. Et quand tu penses combien Louise Brooks a fait scandale dans les années 20 auprès des rombières de l’époque, ancêtres des rombières actuelles du Bon Marché, ça fait mal.

Et si tu veux juste manger un gâteau au chocolat avec tes vieux potes en racontant vos vies ?
Ben, tu vas Rive Droite, péquenot !

Be Happy, de Mike Leign, ou : anti film d’apprentissage

Posted on : 31-08-2008 | By : Aurelie | In : Art commercial (pub), Art des chiffons (mode), Art moyen (photo), Art qui bouge (ciné), Temps Perdu

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Be Happy

«Be Happy» c’est l’histoire d’une nana fofolle au début, qui est vachement adulte à la fin.
Roman d’apprentissage, me diras-tu.

Sauf que pas du tout, parce qu’à la différence du Jeune Werther, Poppy ne change pas d’un iota entre la première image (où elle fait du vélo dans une tenue bariolée) et la dernière (où elle fait de la barque dans une tenue bariolée). Elle vit au milieu d’enfants (elle est instit) et n’a toujours pas son permis (le rite de passage dans la vie d’adulte).
Le personnage ne connaît aucune évolution, ce qui constitue un schéma narratif relativement original.
D’ailleurs, comme ça, là, maintenant, pouf, je n’ai aucun autre exemple qui me vienne à l’esprit d’un personnage qui n’évolue pas au cours d’un livre ou d’un film.

Be Happy - Sally Hawkins

Donc, pour faire une narration avec un personnage qui n’évolue pas mais qui devient adulte, c’est donc qu’il faut faire évoluer les autres personnages, si vous me suivez bien.
C’est là qu’entrent en scène des seconds rôles particulièrement gratinés.
Sa prof de flamenco démentielle, qui vient de Séville, «ville connue pour ses merveilleuses oranges, que, vous, les Anglais, transformez en marmelade dégueulasse».
Son moniteur d’auto-école psychorigide, qui voit la route comme le territoire d’un complot.
Sa soeur enceinte hystérique et castratrice (oui, tout ça à la fois).

Les personnages qui jouent le plus aux adultes pètent tous un cable à un moment où à un autre.
Or, la manière dont ils pètent leur durite rèvèle très exactement leur décalage interne : ils se définissent de manière extérieure.
La prof de flamenco prend son rôle trop au sérieux.
La soeur répète sans cesse qu’il faut être adulte.
Le moniteur d’auto-école reprend ses esprits en disant : «je suis un bon prof».
Ce sont donc des personnages qui placent leur équilibre dans une définition externe, et qui explosent au contact de Poppy à qui l’idée de se référer à autre chose qu’à elle-même ne vient pas à l’esprit, surtout pas quand il s’agit de ne pas assortir un collant violet à une jupe rose, un pull bleu et des bottes jaune
Be Happy - Eddie Marsan et Sally Hawkins

Poppy regarde les personnages exploser.
Et Poppy la fofolle sait toujours réagir de manière parfaitement juste dans toutes les situations.
Elle n’hésite pas, elle est adulte.
C’est le regard du spectateur qui possède le point de vue englobant, qui change pour percevoir toute la sagesse du personnage qui trouve sa vérité en lui-même et non dans les autres.
La définition de la sagesse change.
Et des films qui te font revoir tes définitions, reconnais que ce n’est pas courant.
Be Happy - Sally Hawkins

Même s’il faut le dire, Poppy, on a parfois envie de lui filer des baffes pour qu’elle se taise.
Be Happy - Alexis Zegerman et Sally Hawkins

Et que je parle, et que je parle…

Il y a des êtres superficiels parmi nous…

Posted on : 04-07-2008 | By : Aurelie | In : 3615 MA VIE, Art commercial (pub), Temps Perdu

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… et parmi eux, des féministes acharnés qui se précipitent dehors faire les soldes dès le premier jour (oui, dans nos contrées méridionales, les soldes ont commencé seulement hier).

 

Quelque chose d’effrayant se produisait dans les rues : des jeunes gens distribuaient des flyers publicitaires pour… le Mont-de-Piété !

 

Oui, Ma Tante !

Tu crèves de ne pas avoir assez d’argent pour faire les soldes ?

 Va donc poser ta montre au clou !

Pauvre, toi aussi tu as le droit de consommer !

 Mélange de réflexes balzacien et d’hyperconsumérisme contemporain : c’est une hybridation monstrueuse.

Ôter d’un côté pour jeter de l’autre. C’est vraiment le contraire de la culture. Du coup je suis rentrée chez moi.

Ce flyer n’a pas étonné que moi, il a également ulcéré Le Grand Barnum, autre méridional critique, tendance énervé. Très énervé.

 

 

 

Les pubs pour l’IDTGV, ou : le trou noir du benchmark

Posted on : 08-06-2008 | By : Aurelie | In : Art commercial (pub), Temps Perdu

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Petit cours de langage marketing à l’intention de ceux qui négligent la lecture de « Stratégies Magazine » (vous avez tort) : le benchmark désigne la segmentation du public-cible en sous-publics auprès de qui il s’agit de mener une communication adaptée.

Évidemment, la segmentation du public-cible permet, lorsque l’on s’adresse au public des jeunes-branchés-qui-ont-une-approche-trop-métadiscursive-et-complètement-wizz-du-discours-publicitaire (en gros, le public du réseau Cartapub), un peu plus d’audace créative échevelée.
Le saut, l’inconnu, l’inouï, le grand frisson.
Ainsi, le visuel de l’IDTGV à destination du réseau Cartapub est-il particulièrement échevelé.
Mais là, pour le coup, et en hommage à l’anniversaire avec lequel les vieux nous ont cassé les pieds le mois dernier, la longueur des cheveux est proportionnelle à la courtesse des idées.

Voyons l’abyssalement calamiteuse campagne.
Donc, le visuel n°1 :

 

 

Avec le commentaire au dos  :

 

 

 

Et le visuel n°2 :

 

 

 

 

Effet de recul annihilé par l’emploi de grossièretés,
obsession sexuelle inappropriée pour communiquer sur un moyen de transport (épargnons-nous le rappel culturel de la « métaphore du train qui rentre dans le tunnel »).
Références obscures (quid de la balle de ping pong ?), et inintéressantes, il faut l’avouer.
C’est consternant.

Et d’autant plus raté que les Cartapub ne sont pas distribuées que dans les bars et les discothèques.
On en trouve aussi dans les restaurants branchés et arty-chic.
Et notamment les restaurants branchés des musées.
Donc notamment fréquenté par un public CSP+ d’un âge respectable qui ne peut apprécier que très modérément de voir un gros Tic Tac violet lui faire des blagues de dégénéré prépubère.

C’est une forme nouvelle de désespoir face au ratage marketing.
Avant on avait l’impression d’être pris pour des cons, maintenant, on a l’impression d’évoluer dans un monde de cons.

Communiquer sur le train ça n’inspire pas grand-monde, manifestement, ces jours derniers.
Parce que la pub de la SNCF sur la carte senior laisse également perplexe avec la nana pas si vieille qui court sur un tapis roulant en téléphonant, sculptant, peignant…
Quel problème psychologique profond peut bien cacher cette hyperactivité ?
La peur d’être face à soi-même ?
La haine des autres ?
La difficulté de meubler sa vie en-dehors du boulot ?
La jouissance de la consommation poussée à son comble ?

Pas un modèle enviable, en tout cas.

Jobsintown ou comment un artiste espagnol mort vient aider de jeunes allemands à découvrir le job de leurs rêves

Posted on : 11-03-2008 | By : JN | In : Art commercial (pub)

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N’ayez crainte : pas question de sorcellerie ni de spiritisme, ici…
Nous sommes entre gens de bonne famille !

Et quel rapport entre un artiste espagnol et de jeunes allemands pointant à l’ANPE (ok, son équivalent germanique)?

  

Le voici en une image (extrait de wikipédia, merci) qui est un tableau du peintre espagnol Pere Borell del Caso, appelé Escapando de la crítica.

 

Et oui : un gentil trompe-l’oeil… 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette notion est la clef de voute de la campagne de pub du site allemand de recherche d’emploi : jobsintown qui est absolument géniale et intelligente !

 

Guerilla marketing pour la série Californication à Milan, ou l’attaque des soutifs volants.

Posted on : 07-03-2008 | By : Aurelie | In : Art commercial (pub), Art qui bouge, mais en plus petit (TV)

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JN a déclaré récemment son amour pour cette série, que je n’ai jamais vue.

Mais je viens de découvrir sur l’excellent site Marketing alternatif une action de marketing dans les rues de Milan avant la diffusion de la bestiole à la télé italienne.

Des soutiens-gorges ont été dispersés partout dans les rues.

californication milano

Absurde, crade, de mauvais goût, gênant et drôle.

Si l’on en croit JN (et il faut toujours croire JN), c’est l’essence même de la série.

C’est donc plutôt réussi.

Rendons à Marketing Alternatif ce qui est à Marketing alternatif.

C’est donc ici que ça se passe.