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La Marie en plastique, de Prudhomme et Rabaté, ou : un rapport inédit entre cadre et détail

Posted on : 24-03-2008 | By : Aurelie | In : Art n°9 (bédé)

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Au-delà de l’histoire hilarante de cette famille où la grand-mère bigote mariée au grand-père communiste ramène de son pèlerinage à Lourdes une petite fiole en plastique de la Vierge Marie qui se met subitement à pleurer du sang,

au-delà du trait de plume qui semble figé mais qui ne fait au contraire que rendre le mouvement à travers l’instant qui le représente le plus significativement,

la marie en plastique prudhomme rabaté

ce qui est le plus novateur, dans « la Marie en plastique », c’est le cadrage.
Prudhomme et Rabaté arrivent à combiner les différents cadres d’images (en utilisant par exemple l’incrustation dans un plan large d’un plan très large pris dans l’écran de contrôle d’un caméscope numérique) pour faire surgir la nouveauté par le détail.
En effet, l’image est cadrée de manière à ce que l’élément le plus significatif ne soit pas accroché par le regard immédiatement, mais après que le lecteur a fait l’effort d’observer l’image dans son ensemble.
Ainsi, les larmes de la Marie ne sont pas dans le cadre sur lequel les personnages sont concentrés (c’est dans le coin en bas à droite, j’ai scanné comme j’ai pu) (c’est-à-dire pas très bien).

la marie en plastique prudhomme rabaté

Et le fait d’avoir placé la statuette en majesté sur la couverture, comme si elle flottait dans les airs, empêche au premier abord de remarquer l’élément essentiel : elle est dans une bassine !
Et c’est bien la bassine qui résume tous les problèmes auxquels sont confrontés les personnages tout au long de l’histoire (que faire de la Marie qui pleure des larmes de sang ?).
Que c’est intelligent !
Que c’est drôle !
Que c’est super atrocement injuste que ça n’ait remporté qu’un prix « Essentiels » à Angoulême, alors que c’était quand même vachement mieux que l’album de Dupuis et Berberian.
C’est vrai quoi, merde alors.

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