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Exposition années folles au Musée Galliera, ou : Protagoras peut aller se rhabiller

Posted on : 03-03-2008 | By : Aurelie | In : Art des chiffons (mode)

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Je tiens à dire dans un premier temps que j’adoooooore (Louxor et) la mode des années 20, cette période de libération des corps entre les sophistications stériles des corsets et les immondes sacs à patates en satin des années 30, qui ont péniblement démontré pendant près d’une décennie que décidément, non, le fourreau, même coupé dans le biais, ça ne va à personne.

 

 

L’expo du Musée Galliera est assez riche, et, d’un point de vue muséographique, assez inventive (échantillons de parfum, présentation thématique, révision assez rassurante des paroles de « Viens Poupoule » : notre époque n’a pas le monopole des chansons débiles).

Mais… comparé aux photos de cette période, la présentation laisse un peu sur sa faim.
C’est à voir toutes ces robes présentées par occasions (robes de bal, robes de cocktail, robe de sport…) mais sans les accessoires fait manquer une partie de la tenue. Ce qui est beau dans les années 20, c’est cette inventivité constante dans tout : les chapeaux, le maquillage, les accessoires, le Grand N’Importe Quoi, les ANNÉES FOLLES, quoi…

 

Un bon diaporama sur le site de Madame Figaro

En éclatant d’un côté accessoires, robes, photos, on en arrive à un système de comparaisons de micro-détails (tiens, je préfère l’éventail en plumes vertes que celui en plumes roses), qui manque un peu de vie.
Deux exceptions qui confirment cette impression :
-    le coin réservé aux garçonnes, qui mélange extraits de roman, musique, cravates, monocles, robes, photos et parfum, et qui, en permettant de prendre conscience de l’ampleur du mouvement, éclairent les autres représentations (les deux femmes qui dansent ensemble dans le tableau de la première salle, par exemple, ou l’air bravache de la femme sur le tableau de Van Dongen honteusement planqué derrière des portants).

-    Le film final, qui présente les tenues dans de petits films… présentés de manière CHRONOLOGIQUE. Cette présentation montre combien les robes des années 1919-1920 étaient bien plus rigolotes et originales que celles produites en 1928-1929 : c’est qu’au cours de la décennie, la ligne de la robe s’était fixée (pas d’épaulettes, épaules larges), et que toute la créativité s’était nichée dans le motif (je te fais du motif grec, du motif indien, du motif chinois, et tout le monde s’extasie de tant de créativité). Au début de la décennie, toute la ligne était moins codifiée.

J’en entends dire que, sans contraintes, pas d’art. Mais il y avait quand même toujours une contrainte quand tu fais des habits : c’est la personne que tu mets dedans.
Eh oui, l’expo montre plus comment on habille des groupes sociaux que des corps humains. Robes de soirées, robes de cocktail, robes de goûter… qui s’en soucie ?
C’est ce qui fait le génie des bâtiments de Frank Gerhy : c’est qu’il y présente toujours un petit bonhomme au milieu de sa maquette (je parle de Frank Gehry par ici).
L’homme est la mesure de toute chose.
D’ailleurs, n’est-ce pas Protagoras qui fabriquait lui-même ses sandales ?

Comments (1)

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