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Vacances

Posted on : 22-12-2008 | By : Aurelie | In : 3615 MA VIE, Art (pour l'art), Art moyen (photo)

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Nous voilà partis goûter aux plaisirs matériels délaissant les plaisirs intellectuels.

En vacances pendant 15 jours. Ouaip.

Mais pour ne pas vous laisser vous morfondre face à l’absence de cohue des magasins (vive la crise), voici une idée de cadeau glanée sur le site du magazine “Elle” au cas où un aveuglement risquerait de vous conduire à donner de l’argent à Christine Angot pour payer ses Tranxène et sa vaseline.

Tu sais qu’acheter Christine Angot, c’est mal, mais c’est plus fort que toi, tu n’as aucune inspiration ?

Elle.fr est là pour t’aider !

Donc, tu vois qu’au lieu d’acheter le dernier Angot, tu peux plutôt voir comment accommoder les rogatons !

De là à dire que Christine Angot rallonge les sauces, il n’y a qu’un pas…

Merci Elle.fr !

Et joyeux Nowel.

Tropic Thunder de Ben Stiller, ou : le dépassement du méta (si, si, ça veut dire quelque chose)

Posted on : 15-12-2008 | By : Aurelie | In : Art qui bouge (ciné)

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Tonnerre sous les Tropiques - Affiche américaine

Le recours au méta (discours sur son objet) est un des ressorts les plus éculés du film parodique.

Souvenez-vous du faux Dark Vador qui finit au milieu des techniciens du film dans “La folle histoire de l’espace”.

La Folle Histoire de l'espace

Tiens, c’est le mec qui joue le crétin dans "Ghostbusters" et dans "Chérie, j’ai rétréci les gosses". Quelle carrière, mes amis !


Mais également des critiques de Wayne à propos du mauvais figurant dans “Wayne’s World 2”.

On n’oublie pas non plus le décompte des morts qui fait élire “Hot Shots 2” “Bloddiest film ever made”.

Et puis de tout "Last Action Hero" (il faudrait que je fasse un post sur ce film injustement oublié).
(Eh ouais, aujourd’hui, on sort ses classiques).

Donc, avec “Tropic Thunder”, ça partait bien, parce que le film en lui-même est intégralement un film “méta” : un film qui met en scène un tournage de film. Un peu comme “La nuit américaine”, tout à fait, sauf qu’à part ça, ça n’a rien à voir.

La Nuit américaine - Jean-François Stévenin, François Truffaut et Nathalie Baye

Tonnerre sous les Tropiques - Steve Coogan

François Truffaut, Ben Stiller, même combat


Parce que, alors que “La nuit américaine” montrait des comédiens au travail et cherchait à montrer combien ils ont des émotions fortes, “Tropic Thunder” montre des comédiens qui sont censés bosser (ils savent que des caméras les filment), mais qui en fait préféreraient être payés à rien foutre, et doivent par ailleurs survivre au milieu d’une jungle hostile.
Vous voulez un spoiler ?
Et bien, à la fin, ils s’en sortent tous.
C’est le principe d’un film parodique méta, en même temps. ça finit bien.

C’est outrancier, c’est crétin, c’est du Ben Stiller, l’inventeur du coiffage au sperme.

http://www.premiere.fr/var/premiere/storage/images/diaporama/mary-a-tout-prix/mary-a-tout-prix-there-s-something-about-mary-1997__9/2144190-1-fre-FR/mary_a_tout_prix_there_s_something_about_mary_1997_reference.jpg
Donc c’est un film qui mérite de figurer en bonne place dans la liste sus-citée, entre “Hot Shots” et “Y a-til un pilote dans l’avion”.
Cependant, ce film met en oeuvre de manière bien plus subtile (n’ayons pas peur des mots) le rapport entre l’artifice et la réalité dans la construction d’une image cinématographique

Le pitch, c’est que des comédiens faignants venus tourner un film sur la guerre du Viet-Nam sont lâchés dans la nature par leur réalisateur pour qu’ils trouvent un peu d’authenticité (ils sont censés jouer et être filmés par des caméras invisibles) et arrêtent de jouer les divas. Après la mort accidentelle de ce dernier, ils se trouvent livrés à eux-mêmes dans la jungle, où ils font face à de multiples dangers inattendus (ils ne jouent donc pas).

Tonnerre sous les Tropiques - Jack Black, Robert Downey Jr. et Ben Stiller
Cependant, ces dangers les placent dans des situations comparables à celles du script (qu’ils reproduisent inconsciemment puisqu’ils ne jouent pas).
Or, la toute dernière partie du film *spoiler* les montre en train de rafler tous les Oscars avec leur prestation non jouée.
Cette idée recoupe le cliché de l’acteur “naturel” qui “s’approprie son rôle et ressent vraiment les émotions”.
Bref, c’est un point de vue qui ne contredit en rien les clichés habituellement véhiculés par les médias spécialisés et par les acteurs eux-mêmes.
Assez bien foutu, très marrant, mais pas très original en soi.

Mais là où le film prend une distance avec le cliché qu’il met en oeuvre et où l’on voit que Ben Stiller, en plus d’être, en plus d’être outrancier et crétin, est aussi très très intelligent, c’est que le jeu entre réalité et artifice est présent également entre le film “Tropic Thunder” et la réalité des acteurs qui l’interprètent.
Le même rapport entre la réalité et sa représentation est donc présent à deuxième niveau, mais il est COMPLETEMENT DIFFERENT.
Et cela se voit concernant un personnage en particulier, celui joué par Robert Downey Jr.
Robert Downey Jr. joue en effet un acteur multi-oscarisé blanc qui joue le rôle d’un officier noir dans les années 70.
Donc, un brother sorti du ghetto et fortement politisé.
Acteur de la méthode, l’acteur que joue Downey ne se départit jamais de son personnage et garde l’accent du Bronx en permanence.
Mais à la fin du film, ayant beaucoup appris lors de son séjour dans la jungle, il laisse tomber ses oripeaux pour être vraiment lui-même, décolle sa perruque crépue et enlève ses lentilles noires pour laisser à l’air libre ses cheveux blonds et ses yeux bleus, qui irradient l’écran comme les dents des cagoles qui sourient dans les pubs pour dentifrices.
Tonnerre sous les Tropiques - Robert Downey Jr. et Ben Stiller
Ainsi, c’est en jouant au naturel (c’est-à-dire, peu ou prou, sans jouer) que Robert Downey Jr. va pouvoir participer aux Oscars

Sauf que RDJ n’est absolument pas blond aux yeux bleus.
Ben non, en réalité, il est plutôt comme ça :

Rachel McAdams, Robert Downey Jr et Kelly Reilly lors de la Conférence de Presse de Sherlock Holmes - Sherlock Holmes

Des cagoles aux bras

Donc, Ben Stiller s’ingénie à brouiller le message qu’il délivre sur le rapport entre réalité et fiction : alors que son film conforte le spectateur dans l’idée que les acteurs sont d’autant meilleurs qu’ils sont naturels et ressortent leurs émotions au plus profond de leur être sensible à fleur de peau qui a besoin de s’exprimer sinon ils étouffent, il montre que le cinéma, ce n’est que de l’artifice ; et que l’identification de l’artifice fait également partie du plaisir du spectateur, au même titre que l’illusion dramatique. C’est parce qu’on voit comment c’est fait qu’on peut dire que c’est bien fait. L’art ne cherche pas la vérité, il cherche la justesse.

Sinon, comment expliquer les comédies musicales ?

Il était tellement obsédé qu’à la fin il sautait même des repas. [Pierre Desproges]

Posted on : 11-12-2008 | By : JN | In : 3615 MA VIE, Art (pour l'art), Pause Lindt

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    Pour égayer votre fin de semaine, plaçons une note plus grivoise mais sans tomber dans le porno-chic parisianiste, pour l’instant !
Teasing de folie digne des plus grands cliffanghers* des séries américaines ;)

     Un cliffhanger, pour ceux qui l’ignorent, est un procédé narratif qui consiste à terminer un épisode de série télévisée, par une scène à suspense si possible insoutenable.

Mode FAN ON
Et là, je suis sûr que vous pensez tous au dernier épisode de la saison 1 de “The West Wing” (écran noir – voix off demandant qui a été touché – la panique) voire à l’épisode 22 de la saison 4, que je ne spoilerais pas mais…*hochement de tête complice*… On s’est compris !!

Comment ça, tout le monde ne connaît pas par coeur les épisodes cités? Comment ça, je ne suis pas partial ?

Allons, pleeeeeaase…. Aucune personne en ce bas-monde de sensée, cultivée, critique (et bien sûr, sous-entendu, belle, intelligente et riche) ne peut ne pas connaître cette fabuleuse, que dis-je, extraordinaire série qu’est “The West Wing” !
Mode FAN OFF

    Clôturons cette infime disgression pour revenir sur notre sujet principal qui est donc la découverte d’un petit site web, plutôt sympa où les gens S’ENVOIENT EN L’AIR DANS DES MUSEES !

Et non, vous ne rêvez pas…

Burn after reading des frères Coen, ou : existe-t-il une Confédération des Crétins ?

Posted on : 08-12-2008 | By : Aurelie | In : Art qui bouge (ciné)

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Les Frères Coen font sempiternellement le même film : des crétins essaient d’arnaquerhttp://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/18/65/71/80/18991610.jpg des gens censément plus forts qu’eux, mais qui se révèlent être aussi des crétins.

A la différence des autres films des deux frérots, qui placent les crétins dans un univers désert et un brin hostile (Arizona, Minesto, California), “Burn after reading” place des crétins au coeur de Washington, DC. C’est-à-dire, au coeur du pouvoir, visible, mais également du pouvoir occulte. Des espions, des agents doubles, des agents triples. Washington, c’est typiquement le genre d’endroit où la vérité est ailleurs, et où nous sommes dépendants de forces occultes qui nous gouvernent.
Les personnages aux prises avec des forces occultes qui nous gouvernent sont un grand classique des films qui se passent à Washington.
D’ailleurs, les films qui se passent à Washington sont souvent des films sur les forces occultes qui nous gouvernent.

Les références à ce genre de film sont d’ailleurs présentes de manière appuyée dans “Burn after reading” : reproduction de scènes (comme la scène du faux touriste), musique de film d’espion, répliques de films d’espions (les deux dans la sublime scène avec Brad Pitt et Malkovitch), réflexes de films d’espions vintage (aller donner des documents à l’ambassade de Russie vingt ans après la fin de la guerre froide, il faut vraiment vivre dans un film d’espion), ellipses narratives puisque le reste de l’action se déroule comme dans les films d’espion.

Sauf que chez les frères Coen, les espions sont au chômage ou commis aux affaires de divorce, et que ce ne sont pas eux la puissance occulte qui nous gouverne.
Ces espions et autres CSP+ pourraient mener une petite vie tranquillou.
Mais ils sont arrêtés par une puissance occulte.
Car il y a bien une puissance occulte qui nous gouverne, et c’est pour ça que situer le film à Washington pour opérer ce transfert de pouvoir occulte etc. est très malin.
Cette puissance occulte n’est dévoilée que dans la scène finale, qui est une grande matière à réflexion : c’est la League of Morons (in French : “La Confrérie des Abrutis”). Or, il s’agit là d’un fertile terreau de réflexion : effectivement, notre époque n’est-elle pas dirigée en sous-main par une Confrérie d’Abrutis en train de se liguer pour désorganiser nos vies bien réglées ?

Burn After Reading - John Malkovich

La scène finale (pas de spoiler chez nous!)

En tout cas, de nombreuses pages ont été écrites sur cette question, qui creusent le sujet avec constance.

Ici

Ici

Ici

Et ce n’est pas le moindre apport de ce film que d’avoir soulevé l’existence de cette Confrérie. Une fois que l’on a mis un nom sur ces forces occultes qui nous poussent à reprendre des papiers administratifs, à faire des files d’attentes indues, on regarde les responsables comme s’ils étaient des taupes de cette League of Morons qui nous gouverne.

La vérité est ailleurs.