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ESPRITS-CRITIQUES II (le retour!) mais en douceur, avec un verre d’eau et un petit Tylenol (contre la migraine et la grippe A!)

Posted on : 12-10-2009 | By : | In : Art commercial (pub)

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Après 5 mois (moins 7 jours) d’errements spirituello-existentiallo-conceptuels – surtout très concept pour 50% – un petit retour avant de grands changements… [P**, ils nous saoulent avec ces teasers à 2 francs, que dis-je, 2 roubles... Mais, là, je ne mens pas...]

Revenons à nos moutons…

Voici, une campagne publicitaire, plutôt sympa, présentée par Vale Euro RSCG, pour le Tylenol.

Le Tylenol, c’est un peu l’Advil du Nord-Américain : ça soulage la douleur (mieux que Synthol), fait descendre la fièvre, féconde les vierges, atténue les allergies, diminue la toux et permet de contrecarrer la grippe (non, pas la A, pour ça, il y a le Tamiflu ou le truc des chinois!)

Tout ça pour parler de cette campagne pour le Tylenol, qui a pour accroche publicitaire : “There are some questions that are such a headache”, qui peut être traduite, dans la belle langue de Molière, par “Il y a des questions qui sont une vraie prise-de-tête.” (Merci à Fubiz, pour les photos)

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Alors, qu’en pensez-vous?

“Ellen et les garçons” ou Juno, le Feel-Good-Movie du cinéma indép’ américain!

Posted on : 19-05-2009 | By : JN | In : Art qui bouge (ciné)

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Oui, je sais, j’ai 1 an, 3 mois et 12 jours de retard sur cette review mais bon, premièrement, il faut savoir se faire désirer et secondement, que celui qui n’a jamais été en retard me jette la première pierre !

Ça s’est fait… !!

Rendons à César ce qui appartient à César!
Et non, pas le gentil chien blanc de la pub pour le pâté de volaille ni celui qui compresse des trucs pour magnifier l’égo d’acteurs parfois douteux…

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Et à Debbie ce qui appartient à Debbie soit : le concept de Feel-Good-Movie.
Ce dernier qui résume assez bien ma pensée, après la projection de ce film a donc été ignominieusement pillée à Debbie – que je remercie, et dont je souligne le mordant de certains de ces articles bloguesques, ici.

Roulement de tambours et trompettes…Qu’est ce qu’un Feel-Good-Movie ? (ou pour les non-anglophones, je crois qu’il en reste un… « un film qui te fait te sentir good »)

“C’est donc un film indépendant avec des personnages plutôt intello portant des vêtements qui ne vont pas ensembles (bah oui, ils lisent des livres et aiment les films de Truffaut, ils ne vont pas en plus bien s’habiller), des dialogues brillants, un humour doux-amer, une B.O pointue (folk, antifolk, indé…) des histoires a priori banales mais finalement tellement touchantes, et un sourire grand comme ça à la sortie du cinéma.”

Tout est dit, merci Debbie!

Après la synthèse, rentrons un peu dans les détails… Et pour un pitch institutionnel, merci Allociné, ici!

Perso, j’ai été fan, complètement et totalement fan !

La simplicité touchante du générique de fin (bien sûr, je ne veux pas spoiler la fin pour les quelques rares personnes qui ne l’auraient pas encore vu…) sur un tube des Moldy Peaches, l’esthétique graphique du générique d’entrée, la bande-son rock indépendant US de génie (Cat Power, Belle et Sebastian, Sonic Youth, Velvet underground…), le casting sans-faute des jeunes acteurs et des vieux briscards et bien sûr le scénario qui fracasse les préjugés, pré-requis et autres tabous…

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Côté casting, les jeunes d’abord, et à tout seigneur, tout honneur : Ellen Page, éblouissante dans son rôle de petite rockeuse qui a un sens de la répartie fabuleux, piquant, incisif et tellement pertinent (à l’image d’une Becca de Californication, pour les aficionados) mais qui, sous sa carapace, n’est que vulnérabilité et sensibilité à fleur de peau ; un chaperon rouge, qui a déjà vu le loup et n’a pas été mangé ! Puis, Michael Cera, qui vient de la TV et plus particulièrement d’Arrested Development, jouant un ado, un peu lourdaud mais très attachant (d’ailleurs dans la même veine, je conseille très fortement Nick and Norah’s Infinite Playlist !).

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(Je sais, l’affiche ne semble pas top-top comme ça mais je vous promet que ce n’est pas une guimauve pour ado boutonneux…)

Les anciens, ensuite avec Jason Bateman (le père de Michael dans AD !), en compositeur encrouté, qui rêve encore d’être une rock-star, tout en composant des jingles de pub ; Jennifer Garner, qui n’Alias pas, pour notre plus gros bonheur (et pour les autres, les DVD sont sur Amazon !) ; Allison Janney, qui ne West Wing pas, pour notre plus gros malheur (et pour les autres, les DVD sont chez moi ou sur Amazon ! En coffret complet, petits veinards…)

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Tous ces points positifs ne devraient pas nous faire perdre de vue que l’intérêt principal de ce film est avant tout le scénario poil-à-gratter qui traite d’un sujet glissant et casse-gueule, tout en prenant le contre-pied des conventions, à savoir la grossesse d’une adolescente et son rapport à l’avortement ; le tout, loin des dialogues à la « American Pies » mais tissé de légères subtilités spirituelles et incisives !
A contrario d’un scénario républicain et desperate-housewivien, notre jeune Punky Brewster (soutenue inconditionnellement par son papa et sa belle-mère) va considérer puis refuser l’avortement pour trouver un gentil couple de yuppies pour s’occuper du bébé et retourner jouer de la guitare sur un muret.

Un film anticonformiste, grinçant et décapant, définitivement subtil, qui n’est que du bonheur pour les oreilles et les yeux. Du très bon cinéma indépendant US !

Et avant de conclure, deux choses qui font que Juno passe d’un très bon film à un très-très-très bon film : la première est le téléphone-hamburger (et sachez, chers tous, que je suis prêt à payer très cher pour avoir le même !) et la seconde est la référence à ce dessin animée fabuleux, fantastique, fondateur (voire culte mais il n’y a pas de F) qui est…les COSMOCATS (je suis sûr que vous voyez de ce dont je parle, les gars !!!)

(Remerciements et credits pour les photos à qui de droit!)

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Shesha ou “sinon ça serait trop facile à installer” et non pas, pour dire “Je t’aime” à son sac à puce préféré* (ça, c’est Sheba!)

Posted on : 03-04-2009 | By : JN | In : Pause Lindt, Temps Perdu

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Pour quelques grammes de détente, en ce vendredi après-midi, très, très long…

Une campagne, tout en finesse, orchestrée par l’agence CLM BBDO avec comme baseline : “Otherwise, it would be too easy to install” (pour la traduction, cf. le titre!)

Have FUN, les garnements…

* Et oui, je ne suis pas adorateur du peuple félin domestiqué…Et c’est comme ça !

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A mort “Desperate Houseviwes”

Posted on : 09-03-2009 | By : Aurelie | In : Art qui bouge, mais en plus petit (TV)

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Comme c’était le 8 mars ce week-end et que j’ai bien brûlé mon soutien-gorge pour les droits à préserver, je me suis souvenue de la principale raison pour laquelle j’avais arrêté de regarder “Desperate Housewives”.
Je me suis jetée sur tous les épisodes de la première saison comme la vérole sur le bas clergé breton.
J’ai observé, j’ai comparé, j’ai ri, j’ai apprécié les références à Tim Burton (les décorateurs de Wisteria Lane sont les mêmes que ceux de la banlieue atroce dans “Edward aux mains d’argent”).

wisteria_lane
J’étais sur le point de courir acheter la deuxième saison.
Et puis c’est arrivé. Gabrielle (le personnage joué par Eva Longoria) est tombée enceinte.

eva_longoria_gabrielle
Gabrielle qui répète depuis le premier épisode qu’elle déteste les enfants.
Gabrielle qui le dit au moins une fois par épisode.
Gabrielle qui couche avec son jardinier, et qui ne sait donc pas qui est le père.
Gabrielle qui est donc désespérée, comme on s’imagine.
Or, Gabrielle tombe enceinte au XXIème siècle et PAS UNE SEULE SECONDE n’envisage la possibilité d’avorter. Qu’elle pense que c’est bien ou mal, c’est son problème après tout, mais ce qui est particulièrement flippant, c’est que Gabrielle évolue dans un monde où l’avortement N’EXISTE PAS.
On imagine que si le feuilleton se passait au XIXe siècle, le personnage joué par Gabrielle serait quand même allé voir une faiseuse d’anges avant de se raviser, tout ça. Mais non, depuis le XIXe siècle, l’avortement a tout simplement DISPARU. Pouf, envolé.
Donc, Gabrielle attend résignée la naissance.
C’est également le cas de son mari légitime.
Mais aussi de son amant de 16 ans ! Qui a pour première réaction de vouloir s’occuper de l’enfant ! Pas un seul mouvement de panique ! À 16 ans !
De qui se moque-t-on ?
J’ai donc abandonné Desperate Housewives à la fin de la première saison, écoeurée de ce déferlement d’idéologie néoconservatrice sur ma petite tête européenne.
En plus, on m’a raconté que c’était pire par la suite.

marcia_cross_enceinte
Que Bree Van de Kamp cachait la grossesse de sa fille pour s’attribuer le bébé à la naissance et portait donc des coussins sous ses robes. Et que dans un épisode, son coussin se faisait embrocher par une pique à barbecue. Et que tout le monde était très gêné, oh la la .
Ok, c’était certainement pour intégrer au scénario la grossesse de Marcia Cross, mais moi, ça ne me fait pas rire.

Je n’ai pas aimé Slumdog Millionnaire, ou : seule contre tous

Posted on : 04-03-2009 | By : Aurelie | In : Art qui bouge (ciné)

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Parfois, je doute, quand même. Ce film a créé la surprise aux Golden Globes, survolé les Oscars, a été unanimement salué partout. Et j’avoue que je l’ai trouvé sympa, mais vraiment sans plus.
Lourdingue.

affiche_slumdog_millionnaire

La superposition de deux narrations – et les flash-back qui font avec – constitue un système extrêmement subtil. L’exemple qui me vient à l’esprit est “Le péril jeune”. Dans “Le péril jeune”, les deux plans narratifs étaient très déséquilibrés le “maintenant” (attente dans la salle d’attente qu’Elodie Bouchez accouche) était réduit à la portion congrue et ne servait qu’à éclairer “l’avant” (la classe de terminale) et la juxtaposition de plusieurs personnages permettait de multiplier les points de vue. Les allers-retours se faisaient par le biais des associations d’idées et la foultitude d’anecdotes du lycée permettaient de contrebalancer ce moment d’attente (à moins que ce ne soit l’inverse). Parfois, “les sauts” temporels se faisaient à l’intérieur même d’un de ces plans narratifs. Intelligent, bien fait. Léger, subtil.

le_peril_jeuneet classe, aussi

Version “Slumdog Millionnaire” : un “maintenant” réglé de manière mécanique (jeu télévisé mondialement décérébrant) qui est éclairé par un “avant”. A moins que ce ne soit l’inverse. La circulation entre ces deux plans narratifs se fait par le biais des questions et oh! incroyable, les réponses se trouvent dans la vie du jeune Jamal dans l’ordre chronologique. ça tombe trop bien. Du coup les personnages se trouvent ultra-simplifiés (un super gentil, un méchant qui se rachète, une gentille, un super-méchant). Sympa, mais lourd.

slumdog_millionnaire_jeu_2

Sympa, parce que Danny Boyle a du métier et que la réalisation est toujours parfaite (la scène de poursuite dontt tout le monde parle…). Sympa, parce que le sous-continent nous gratifie de gens comme Dev Patel, à la fois élégant, félin, sensuel, et parfaitement choupi. Sympa parce que le côté mécanique de la narration permet de faire ressortir le bordel indien. Et que le bordel indien est super sympa.

slumdog_millionnaire- T’es choupi, tu sais. -Embrasse-moi.


Mais bon, de là à rafler 8 Oscars…

J’ai retrouvé le texte de Virgine Despentes que je n’arrête pas de citer de mémoire !

Posted on : 27-02-2009 | By : Aurelie | In : Art mineur (chanson), Bouquins

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Michaël Youn me fait penser à Virginie Despentes, que ce soit dans “J’aime trop ton boule” ou “C’est une pute”. Je n’arrête pas de le dire, et à chaque fois je cite Despentes de mémoire, parce que ma bibliothèque est bordélique. Mais je suis aussi une fashion victim et j’ai cédé à l’appel du rangement chromatique.

Le rangement chromatique, c’est classer les bouquins par dégradé de couleur. On en trouve dans Apartment Therapy :

rainbow_library2

version déco

rainbow-libraryversion psycho

Et chez la géniale Elixie :

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version Fuck You Billy !

J’adore.

Donc, en classant mes bouquins par ordre de couleur, j’ai pu retrouver “King Kong Théorie”, qui a une tranche rouge et qui trône désormais majestueusement entre “Fast Food Nation” et “Gomorra”. Je vous le dis, les mecs, le classement thématique c’est soooo 2007.

king-konghé hé

L’extrait qui me vient toujours à l’esprit quand je vois des clips de rap sur Trace (de pneus) TV (et qui mettent toujours plus ou moins en scène des viols collectifs ou des fantasmes porno) est page 152-153 de l’édition Grasset (je crois que c’est sorti en poche depuis). Le voici :

“Par exemple, ils veulent s’entendre dire à quoi ça ressemble, vue de l’extérieur, leurs viols collectifs ? On dirait qu’ils veulent se voir baiser, se regarder les bites les un des autres, être ensemble en train de bander, on dirait qu’ils ont envie de se la mettre. On dirait qu’ils ont peur de s’avouer que ce dont ils ont vraiment envie, c’est de baiser les uns avec les autres. Les hommes aiment les hommes. Ils nous expliquent tout le temps combien ils aiment les femmes, mais on sait toutes qu’ils nous bobardent. Ils s’aiment, entre eux. Ils s’aiment à travers les femmes, beaucoup d’entre eux pensent déjà aux potes quand ils sont dans une chatte. Ils (…) se donnent de beaux rôles, ils se trouvent puissants, fanfaronnent (…). Ils écrivent les uns pour les autres, ils se congratulent, ils se soutiennent. Ils ont raison. Mais à force de les entendre (…), on ne peut s’empêcher de se demander : qu’est-ce qu’ils attendent pour s’enculer ? Allez-y. Si ça peut vous rendre plus souriants, c’est que c’est bien. Mais parmi les choses qu’on leur a correctement inculquées, il y a la peur d’être PD, l’obligation d’aimer les femmes. Alors ils filent droit. Ils renâclent, mais ils obéissent. Au passage, ils torgnolent une fille ou deux, furieux de devoir faire avec.

Limpide, isn’it ?

Michaël Youn, Virgine Despentes, Simone de Beauvoir, même combat.

Et une pensée émue pour toutes les requêtes Google de pervers sexuels que cet extrait va nous attirer. Big up à vous, cinglés du cul !

Bon week-end.

Si une baguette (tradition) vaut 1.10 €, une boîte de thon blanc (134g) vaut 4.43 €, une bouteille de Château d’YQUEM 2001 vaut 495 €, une Twingo (Jaune) vaut 7 990 € et une Aston Martin DBS (Gris Lightening) vaut 239 900 €; mais alors, combien vaut la démocratie?

Posted on : 23-02-2009 | By : JN | In : 3615 MA VIE, Art (pour l'art)

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C’est simple, 24 000 000 (vingt-quatre millions) de yuans !

Pour les non-adeptes de la monnaie chinoise, cela nous fait grosso-modo, 2 731 920 € !

Pourquoi me diriez-vous cette évaluation?

Simplement qu’en ce moment, se déroule, sur Paris, rien de moins que “la vente du siècle” soit la vente aux enchères dédiée spécialement à la collection de Pierre Bergé et d’Yves Saint Laurent, organisée par Christie’s, du 23 au 25 févirer 2009, dans le Grand Palais et estimée entre 200 et 300 millions d’euros.

Intitulée sobrement « Collection précieuse Yves Saint Laurent – Pierre Bergé », cette vente aux enchères proposera au public plus de 700 œuvres. Parmi elles, les statues de bronze représentant une tête de lapin et une tête de rat (valeur estimée de chacune de ces statues, environ les 12 millions de yuans i.e. 1 365 960 €) et qui furent pillées à la Chine lors du saccage du Palais d’Eté en 1860.

(Credits Regis Duvignau/Reuters)
 
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Je ne reviens pas sur l’Histoire de ces statues mais plus particulièrement sur les conflits engendrés par ces dernières.

Car, le gouvernenment chinois souhaite ardemment les récupérer mais le directeur général du département des musées de l’Administration d’État du Patrimoine culturel de Chine, Song Xinchao, a exprimé que « malgré notre désir de récupérer ces trésors d’Etat, nous ne participerons pas à la vente aux enchères car nous n’avons nullement l’intention de payer des biens qui nous ont initialement appartenu».

Et la réponse de notre Pierre Bergé national fut un pur moment de bonheur! Sur France Inter, il a simplement dit “Je ne ferai pas de cadeau aux Chinois contrairement à ce qu’ils imaginent. Je suis prêt à donner ces têtes chinoises à la Chine s’ils sont prêts à reconnaître les droits de l’homme.”

Tadaaaaaaaammm…. Merci Super-Pierre, dernier défenseur de la veuve et de l’orphelin…chinois !

En extrapolant un peu  - pour les calculs, n’hésitez pas à les réclamer si vous les voulez – nous pouvons donc aisément définir une valeur pour quelques concepts simples et légers !

Ainsi,  pour la faim dans le monde, ce serait 16 843 905 € ! A vot’ bon coeur, madame, monsieur…

La résolution du conflit israélo-palestinien ne vaudrait, lui, que (sic!) 181 505 € (et pour ceux qui suivent, moins que l’Aston Martin!) et la récupération express de l’audience de Laurence Ferrari sur le fabuleux journal de TF1, la modique somme de 14 752 € (i.e.  30 bouteilles de Château d’Yquem 2001!) sera nécessaire.

Et last but not least (le dernier mais pas des moindres pour les non-anglophones…) pour que Christine Angot arrête d’écrire (d’une simplicité enfantine, il suffit de racheter tous les livres qui ont été vendus), il nous faudrait seulement 991 boîtes de thon (soit 4 390 €!)

A l’instant où vous lisez ces lignes, Aurelie est en train d’ouvrir un compte Paypal pour recueillir vos dons (en € ou en Yuans ou en boîtes de thon!) pour se débarasser de  son auteure favorite !!!

Et en cadeau, pour toi, gentil lecteur [qui kiffe Fast and Furious ;) ou pas!]…La voici, la voilà…La superbe Aston Martin DBS ! Que ce beauf de James Bond envoie valser dans le lac de Garde (cf. Quantum of Solace, ici et on dit merci Lili!), pffffff…

(Credits corthaybottier)
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C’est une pute, de Fatal Bazooka, ou : Mickaël Youn – Simone de Beauvoir, même combat (deuxième épisode)

Posted on : 16-02-2009 | By : Aurelie | In : Art mineur (chanson)

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Comme on l’avait déjà vu, Mickaël Youn s’était précédemment illustré comme un chantre du féminisme dans l’inénarrable “J’aime trop ton boule” où il démontrait avec une éloquence toute universitaire combien les pétasses des clips de hip hop servaient d’objets transitionnels aux gros beaufs en jogging pour sublimer leur homosexualité latente.
C’était l’illustration de l’argumentaire développé par Virginie Despentes dans sa “King Kong Théorie” (que je n’ai toujours pas retrouvé dans ma bibliothèque bordélique).
Fatal Bazooka devenait ainsi le chantre de l’avant-garde du féminisme.
Tout ceci aurait pu être un hasard, ou un délire interprétatif issu de mon esprit malade.

Mais Fatal Bazooka récidive avec le pendant linguistique de son militantisme dans le clip intitulé “C’est une pute”.
La théorie sur laquelle s’appuie Mickaël Youn est celle de la valence différentielle des genres, étudiée particulièrement par Anne-Marie Houdebine-Gravaud (La féminisation des noms de métier, L’Harmattan, 1998).
L’idée est que le même terme, quand il est employé au féminin, prend change de signification et prend de surcroît une connotation négative. C’est ce qu’elle appelle l’imaginaire linguistique prescriptif : à savoir une représentation fantasmagorique qui traîne dans les mentalités et qui reste comme un vieux chewing gum dans la langue qui est un système prescriptif fasciste, comme disait Roland Barthes, qui finalement, à part la promotion éhontée de Philippe Sollers sur laquelle ce dernier continue à capitaliser, n’a pas trop dit de conneries.
C’est-à-dire, comme le montre Fatal Bazooka, que beaucoup de termes, qui désignent une fonction neutre au masculin, prennent un connotation péjorante au féminin, et servent à dire, “c’est une pute”.
Michaël Youn, décidément, je ne te comprends pas, mais décidément, je t’aime.

Petite précision sur la video : je suis navrée, mais il faut supporter de longues minutes d’une parodie de jeu télévisé, comme si ça avait encore un intérêt. La télé est un média mort les mecs, lâchez un peu Beauvoir et relisez Mac Luhan !

Il faut cliquer sur le lien, je suis toujours aussi nulle en insertion de video…

Mickael Youn c\’est une pute YouTube

La valse lente des WALL-E, une choregraphie de Fantasia, sur une musique de Charles TRENET ou Boum! à 800km d’altitude

Posted on : 12-02-2009 | By : JN | In : Abyme, Temps Perdu

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Mais pourquoi fait-il des titres aussi compliqués?

Alors qu’il est si simple de dire : “Deux satellites, l’un russe et l’autre américain – de 455 kg, chacun – sont entrés en collision, alors qu’ils étaient en orbite à 800 km d’altitude.” et déjà là, il y a trop de détails !

Oui, pourquoi ?!?
(Nous reviendrons dessus, plus tard…Ainsi que sur une explication du tortueux titre!)

satellite

Tout d’abord, sachez que cette info est un peu une première mondiale…voire universelle.
C’est le premier acccident majeur de l’espace entre un satellite opérationnel et un “déchet”, au dessus de la Sibérie, qui s’est produit mardi. Iridium, le propriétaire, reste confiant dans le peu d’impact quant aux perturbations des communications.

Cependant, le risque de cette collision réside avant tout dans la menace qu’elle présente pour Hubble, le téléscope géant ainsi que pour les autres satellites, de par le nuage de débris et l’ampleur orbitale des dégats.

Donc, ça s’annonce chaud pour les autres !
Un peu, à la Domino-Day ;)

domino_day

Revenons sur la partie fun (…ou pas!) du titre.

1. Tout le monde connait WALL-E, non ? Mais si, le petit robot de Pixar, qui doit nettoyer la Terre, qui a un regard de chien battu (non, Aurelie, je n’ai pas dit des yeux à la Christine Angot, quoique!)

(merci à Pixar pour la photo!)

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Voilà pour le clin d’oeil sur les satellites et autres OFNI (objets flottants non identifiés)!

2. “La valse lente des…” est une micro-références au roman de Katherine Pancol : La valse lente des tortues qui est la suite des Yeux jaunes des crocodiles (oui, j’aime les titres longs et compliqués!).
Le second (les YJDC) est un roman superbe : “c’est la vie tout simplement , et la vie est un roman incroyable” (KP)

3. Fantasia est un classique de DISNEY, où Mickey s’enflamme sur de la musique classique et des ballets de balais (facile, facile…). Ma référence était sur “La Danse des heures” qui est un ballet tiré de l’opéra La Gioconda de Ponchielli dansé par des hippopotames (et 2 ou 3 autres animaux fins et gracieux) qui se termine dans un joyeux fracas.

hippo_fantasia

4. Et pour conclure, la fabuleuse chanson de Charles TRENET : Boum!

“[...]
Boum
Quand notre cœur fait boum
Tout avec lui dit boum
L’oiseau dit boum, c’est l’orage
Boum
L’éclair qui luit fait boum
Et le bon Dieu dit boum
Dans son fauteuil de nuage.
[...]“

Merci, Charly, pour cette fabuleuse chanson ! (Que vous pouvez youtuber, ici)

Et donc, maintenant, oui, j’ai le droit de faire des titres compliqués et funs et promis, je les expliquerais ;)

Enjoy !

Expo Raoul Dufy au musée d’art moderne de Paris, ou : repensons le rapport entre ligne et profondeur

Posted on : 09-02-2009 | By : Aurelie | In : Art (pour l'art)

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Raoul Dufy a eu du mal à se trouver, mais quand il s’est trouvé, il ne s’est plus beaucoup remis en question.

Jeune havrais, Dufy a d’abord fait dans le fauvisme. Et sa touche se caractérisait par un profondeur intense. Il peignait la mer comme si seule la mer existait, le ciel comme s’il n’y avait pas la mer, et toutes les couleurs comme si l’on elles étaient indépendantes les unes des autres.

raoul-dufy
Puis, Dufy a découvert Cézanne. Et là il s’est un peu cherché.

raoul-dufy-grande-baigneuse
Mouaif

Puis il a fait de la gravure.

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Puis il a compris qu’il pourrait gagner pas mal de sous avec la gravure en imprimant des tissus.

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Mais la gravure a eu un effet bénéfique : c’est qu’il a maîtrisé l’usage de la ligne. Ainsi, il a pu mettre en rapport ligne et profondeur pour créer son style propre : des lignes et des surfaces qui se chevauchent sans se correspondre parfaitement, faisant ainsi naître la transparence, le mouvement, la lumière et le relief.

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C’est très joli, Dufy.
Mais c’est peut-être là le problème, c’est qu’une fois qu’il a compris le truc, il a produit selon le même procédé. Parce qu’il a certainement compris qu’il pourrait gagner pas mal de sous avec ce procédé.
L’expo du Musée d’Art Moderne est très riche, les mêmes versions des tableaux y sont présentes dans de nombreuses variations. Mais justement, c’est trop. On voit que Dufy ayant trouvé sa manière, n’y déroge plus beaucoup. On n’en sort pas avec la légère frustration esthétique qui permet la rêverie intellectuelle. On en sort gavé comme une oie avec un foie gras de Dufy.
Et la fresque à la fée électricité pour finir n’arrange rien.

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Burp.

Le site consacré à l’artiste est très bien fait. J’y ai pris les images.

“Reviens Leon…J’ai les mêmes à la maison!” ou l’incroyable (mais gentille) attaque de Google sur le Prado

Posted on : 05-02-2009 | By : JN | In : Art (pour l'art)

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Je suis quasi sûr que vous avez tous déjà entendu ce slogan… N’est-ce pas ?

Mais pour mémoire, le titre provient d’une pub de Panzani de 1985! Et grâce à la puissance de Google – encore et toujours, lui! – voici, le clip (et on dit, merci à Allociné!) : Reviens Léon ! 

Donc, tout ça pour mettre en avant le somptueux partenariat du musée du Prado (Madrid) avec Google – qui en exploitant sa technologie d’images satellites (type Google Earth) permet l’accés à 14 oeuvres d’art (soyons fous et parlons même de chefs-d’oeuvre) du Prado, en haute (voire très haute) résolution.
Et là, magie de la Science, certains détails imperceptibles à l’oeil nu sur les toiles du musée, se révélent pleinement !

Prenons pour exemple, La Descente de Croix du flamand Rogier van der Weyden (pour les infos, merci, wiki : ici)

(courtesy to Prado via www.espagne-facile.com)

Faisons, un petit zoom avec notre nouveau ami, Google Earth (ici) et shazaaam !!!

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Qu’en pensez-vous?
Qui aurait cru que les larmes de St-Jean soient aussi saisissantes?
Je reste assez bluffé par ces larmes…

 Mais ne perdons pas de vue qu’une reproduction “digitale ne peut se substituer à l’oeuvre originale mais permet d’arriver à des détails que jamais on ne pourrait voir à l’oeil nu”, a souligné M. Zugaza, directeur du Musée du Prado.

Donc, pas de blague, on ne zappe pas l’après-midi Prado, pour aller se gaver de churros ou de tapas ;)

Et d’un point vue pratique, pour visualiser les oeuvres, il faut positionner Google Earth sur le musée du Prado (à Madrid) et ensuite cliquer sur l’icône “Obras maestras” pour entrer dans les tableaux!
Trop facile…

Mon côté pessimiste (certes, faible!) se demande quand même quel pourrait être le modéle économico-financier derrière ce service fun, amusant et clairement innovant mais avant tout gracieux!
Où veux aller Google? (A part aider les pauvres petits étudiants en Histoire de l’Art et autres touristes pressés)
Quels autres musées franchiront le pas?

En attendant, profitons de ce superbe service et nous verrons bien dans le futur…

Il Divo, ou : quand la vie imite la mauvaise télévision, il faut vraiment faire du grand art

Posted on : 02-02-2009 | By : Aurelie | In : Art qui bouge (ciné)

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affiche_il_divo

Avec l’histoire italienne des 35 dernières années, on pourrait faire un film de Costa-Gavras.

z_costa_gavras
Meurtres, sociétés secrètes, complot, trahisons, mafia, pouvoir, archives, témoignages, raison d’État, tous les ingrédients sont présents pour faire une série télé bien glauque, ou un film “à message” bien torturé, qu’on nous resservirait le dimanche soir dans une soirée “Thema” sur l’Italie fin de siècle. Un film plein de réflexion qui ferait réfléchir.

Amen

Mais bon, l’histoire italienne réelle est suffisamment tragique pour que la moindre parcelle puisse faire l’objet d’un grand film compliqué.
D’ailleurs, c’est un genre qui se pratique depuis quelques années, comme l’ont montré Gomorra et Romanzo Criminale.

Quand on essaie d’avoir un point de vue global, on achoppe toujours sur le même personnage : Giulio Andreotti.
Or, il se trouve qu’Andreotti est un personnage pince-sans-rire, fuyant, voûté et immobile. Par ailleurs, il a été acquitté de toute collusion avec la mafia en 1999. Pas du gibier cinématographique, donc.

Difficile dans ce cas de faire un film costagavrasien avec un personnage inexpressif sur lequel les allusions glisseraient comme les accusations ont glissé toute sa vie.

assemblee_italienne_il_divo

L’idée de Paolo Sorrentio, à savoir de jouer la surenchère cinématographique est donc très forte. Musique anachronique, surimpressions maniéristes, plans audacieux et séquences ouvertement oniriques, le tragique pourtant présent (la séquestration d’Aldo Moro) est esthétisé à la mesure de son absence dans la psyché du personnage principal : réduit à un artefact sans profondeur mais lancinant (une seconde migraine).

il_divo_aldo_moro

Ainsi, ce film surtitré “la vie spectaculaire de Giulio Andreotti” peut-il à la fois accuser le personnage, tout en le raillant, mais en lui gardant un côté sympathique. La bouffonnerie permet de rendre la complexité.
C’est très fort et très réussi.
Et tous ceux qui ont dit le contraire seraient les premiers à se rouler par terre si le réalisateur avait été non pas italien, mais coréen ou taïwanais.
Quant à Andreotti, il a dit du film “Je dirai à ma femme de ne pas aller le voir”, ce qui correspond parfaitement à son personnage cinématographique, et ça, c’est quand même bon signe.

J’ai réussi à aller voir l’expo Picasso !

Posted on : 26-01-2009 | By : Aurelie | In : Art (pour l'art)

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J’ai vu celle du Grand Palais. J’ai la flemme de faire la queue pour voir les autres. J’ai passé l’âge de visiter une expo à 3 h du mat’ comme cela sera possible à la fin du mois.

picasso déjeuner sur l'herbe
Cette image est la reproduction d’un tableau très très connu. Sauras-tu le reconnaître ?

Et je n’ai pas l’outrecuidance de critiquer Picasso, parce que devant le génie, la petite blogeuse préfère se taire.
Les autres oeuvres présentées sont connues (Manet, Velazquez, Zurbarian, Ingres, David) et permettent de mettre en forme des associations d’idées qui resteraient, faute d’accrochage opportun, de l’ordre de l’intuition.
Ce qui est surtout impressionnant, c’est de voir Picasso dévorer toutes ces oeuvres, dévorer ses modèles, dévorer ses femmes, dévorer tous les genres, dévorer sa propre virtuosité (grande découverte de cette expo : ses sublimes croquis de travail à l’école des beaux-arts, dessinés à l’âge de 14 ans (!). J’ai dû refaire le calcul 3 fois pour arriver à y croire), se dévorer lui-même pour parvenir à un trait enfantin, à l’approche de la mort.
Comme le dit un de ses propos cité durant l’expo : “J’ai commencé par dessiner comme Raphaël, il m’aura fallu toute une vie pour apprendre à dessiner comme un enfant.”

A mort les pubs du Bon Marché

Posted on : 19-01-2009 | By : | In : Art commercial (pub)

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Comme je travaille régulièrement du côté de Sèvres-Babylone et que je prends souvent la ligne 10 du métro parisien, je n’échappe à aucune des atroces campagnes de pub du Bon Marché, qui représentent tout ce qu’il y a de haïssable dans la société française.
Les pubs du Bon Marché, par leur absence totale de second degré, sont parmi les plus aliénantes du métro parisien.

Parisianocentrisme en premier lieu. Ce qui paraît normal pour un magasin sis à Paris. Mais le slogan du Bon Marché montre tout ce que cette présentation représente de fermeture d’esprit. En effet, en se proclamant comme représentant de la “rive gauche”, le slogan induit implicitement une opposition avec la rive droite, et par cette opposition binaire rive gauche/rive droite, crée un effet d’exhaustivité, (rien d’autre ne peut être ajouté, la gauche ne s’oppose qu’à la droite ), qui exclut toute autre proposition de cette alternative.
Quid de l’étranger ?
Quid de ce qui n’est pas occidental ?
Je ne parle pas de la province, évidemment.

bon marche soldes

Image trouvée sur le blog de nauconsultants.com

On voit d’ailleurs que lorsque la photo représente une plage, elle est travaillée pour que cette chose n’existant pas à Paris (la mer) soit présentée comme une entité irréelle et en carton.

En plus, opposer la rive gauche à la rive droite, c’est fonctionner sur un mythe, encore typiquement français. C’est la rive gauche chic et intello face à la rive droite populeuse.
Comme si en achetant tes collants au Bon Marché, tu était en gros l’héritier de Sartre et de Juliette Gréco.
Et si tu as juste besoin de t’acheter des collants ?
Et ben tu vas chez Carrouf, pétasse !
Donc, en t’achetant tes collants, tu participes à la consécration de la rive gauche chic, sociable et intello. Tu n’es plus toi-même, tu es l’héritière de Sartre avec tes collants DIM. C’est pour ça qu’ils sont plus chers, note.

Cette aliénation aux mânes de la NRF par le biais de l’enrichissement de Bernard Arnault (le Bon Marché appartient à LVMH) est particulièrement pénible dans l’immonde pub pour la Grande Épicerie (où on ne trouve pas grand chose, contrairement à la rumeur qui circule à Paris. N’importe quel Niçois vous dira que Cap 3000 est beaucoup mieux achalandé).
La voici :

affiche du Bon Marché avec Audrey Marnay

Photo trouvée sur le blog de lorandesign

Ce slogan présente une vie standardisée :
“De quoi parlerez-vous au dessert” : je donne des dîners, je reçois chez moi. C’est l’archétype du “dîner en ville” qui caractérise les gens de la rive gauche entretenant leur réseau. Tu achètes un gâteau au Bon Marché, tu fais partie de l’élite pensante du pays.
“Littérature” : tu es rive gauche. Tu es l’héritier de Sartre, (et par conséquent de BHL).
“Design” : tu es branché, tu es au fait de ce qui se passe dans le monde. Le monde ? Qui vient rive gauche, bien sûr.
“ou chocolat ?” : tu est quand même un jouisseur, un hédoniste, un mec qui ne vit pas entièrement dans ses bouquins, tu sais te faire plaisir. Tu es capable de te taper une heure de file d’attente sous la pluie pour entrer au “Salon du Chocolat” à te faire presser par des rombières emperlousées en manteau de fourure machouillant des chocolats trop sucrés qui se collent à leur dentier.
Audrey Marnay… : tu la reconnais, tu es branché.
…coiffée comme Louise Brooks. C’est l’élégance éternelle, bien sûr. Et quand tu penses combien Louise Brooks a fait scandale dans les années 20 auprès des rombières de l’époque, ancêtres des rombières actuelles du Bon Marché, ça fait mal.

Et si tu veux juste manger un gâteau au chocolat avec tes vieux potes en racontant vos vies ?
Ben, tu vas Rive Droite, péquenot !

Les aventures de Nathalie Nicole Nicole de Marion Aubert, ou : la civilisation contient son propre fossoyeur

Posted on : 12-01-2009 | By : Aurelie | In : Art vivant (théâtre)

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Longtemps, j’ai trouvé que Marion Aubert n’avait pas le don des titres sexy.
J’ai snobé “Histrions (détail)”, à la Colline il y a deux ans en proclamant stupidement que je préférais voir des pièces en entier que des détails, et surtout une pièce sur des comédiens, c’est-à-dire une pièce mettant en oeuvre du théâtre dans le théâtre. Parce que c’est un ressort trop facile, parce que c’est trop vu.
Je sais, parfois, je suis trop con.

Je bénis donc l’abonnement “Full Monthy” du Théâtre des Treize Vents à Montpellier qui m’a obligée à prendre “Les aventures de Nathalie Nicole Nicole” pour remplir mon quota de treize pièces.

Et, là, alors que ce titre était un peu trop étrange pour être folichon… la pièce était du pur délire.
En gros, c’est l’histoire de Nathalie Nicole Nicole et de ses deux petits camarades : Michel Chef Chef, son amoureux, et Cléo, la plus moche de la classe (jouée par l’auteure), qui les aime tous les deux.
Après, ils vieillissent.

Dire que Marion Aubert a recours à des personnages enfantins pour profiter de la désinhibition de l’enfance et employer une langue délirante qui dirait la réalité du monde par son excès même, c’est-à-dire, un peu comme d’hab, en fait, ne serait pas exact. Au contraire, c’est plutôt l’inverse qui se produit : Marion Aubert parle une langue délirante et la mettre dans la bouche d’horribles enfants permet de la justifier (les enfants sont désinhibés), de la mettre à distance (si ce sont des enfants, c’est que ce n’est pas nous), mais également de la faire résonner dans l’esprit du spectateur (qui a été un enfant et a connu le système de l’éducation nationale décrit par l’auteure). Et donc de frapper plus juste.

Et comme si le texte ne suffisait pas, les comédiens aussi sont tous complètement cinglés.

Donc, maintenant, j’irai ventre à terre voir tout ce que crée Marion Aubert. Et je remarque que le titre de sa prochaine pièce est déjà plus accessible : “Orgueil, poursuite et décapitation (comédie hystérique et familiale)” elle en donne un résumé sur le site de sa compagnie, “Tire pas la nappe”, qui donne une idée plus générale de son écriture. Cette fille est folle :

L’AUTEUR. Voilà. Moi, je suis l’auteur de cette pièce. C’est une pièce en forme de labyrinthe. J’ai écrit cette pièce au fil d’un été difficile avec des perceuses en arrière fond. J’ai écrit cette pièce dans un contexte particulièrement difficile. A une époque particulièrement tragique de mon existence. Autour de moi, tout n’était que lucre, vanité, orgueil, et trahison. Et encore, je ne parle pas de la politique nationale. Cet été-là, trois bébés sont morts à l’arrière de leur voiture. Oubliés par leurs parents. Les russes en ont profité pour envahir la Géorgie. Et pour le moment, la France est trente-huitième aux jeux olympiques de Pékin. C’est dans ce contexte houleux que j’ai décidé d’inventer une nouvelle forme de pièce. Une pièce absolument nouvelle. Jamais vue nulle part auparavant. J’ai réussi à m’isoler grâce à une bonne dose d’opiniâtreté, et un sens du devoir hérité de mon père. Aux deux cents euros versés directement à la nounou par la CAF. Au soutien de mes ennemis. De mes amants. Grâce leur soit rendue ici. Comme cette pièce est un peu nouvelle et pleine de fraîcheur, j’ai pensé qu’il serait bon de vous accompagner dans la lecture et, le cas échéant, lors de la représentation. La pièce est parfois timide en événements. C’est voulu. C’est une pièce d’été. Languide. J’habite dans le sud de la France. J’écris très souvent nue. Pour la commodité de la représentation, je vais me mettre là. Lorsqu’il y a une erreur d’imaginaire, une saute dans le temps, un accident grave, une rupture brutale, vous pouvez me jeter des regards. J’essaierai de suivre au plus près l’actualité de ma propre pièce. C’est une pièce sinueuse, pleine de méandres et de bêtes imaginaires. J’avais, il y a quelques jours, eu l’envie de l’intituler “comédie animalière“ mais je n’aime pas tellement les bêtes. Elles ne me dérangent pas, mais je ne m’attache pas. Je ne m’attache pas spécialement aux bêtes. Je n’aime pas m’occuper des chiens sur la tournée. Ni des fauves. Ni des chameaux si on en a. Je n’aime pas les manifestations de joie des bêtes. Parlons plutôt des chonchons.

http://www.tirepaslanappe.com/

Jeff Koons à Versailles, ou : donnons plus à ceux qui ont déjà

Posted on : 08-01-2009 | By : Aurelie | In : Art (pour l'art)

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Moi, jeune intellectuelle précaire française, j’ai contribué à enrichir François Pinault.
Et ouais.
En visitant l’expo Jeff Koons à Versailles, j’ai fait prendre pas mal de valeur à sa collection d’art contemporain.
Ce qui est le principal enjeu de cette expo.
Je ne suis pas une immonde réactionnaire qui pense que Koons est une réincarnation de l’Antéchrist qui veut abattre le prestige de la famille royale française (et pourquoi pas les décapiter, tant qu’on y est ?)
C’est juste que comparer l’expo Koons à Versailles avec celle de Jan Fabre au Louvre est une vaste fumisterie.
En premier lieu parce que Jan Fabre composait certaines de ses oeuvres en rapport avec les oeuvres présentes au Louvre. Fabre interrogeait donc la pérennité du processus créatif (en comparant les crucifixions au body-art, par exemple, ou en se représentant lui-même en ver de terre géant) tout en exprimant ses obsessions propres.
L’accrochage et le dialogue des oeuvres étaient donc fondés sur une interrogation artistique.
C’était très intelligent et très novateur, tout en rappelant que Jan Fabre est un grand artiste, mais un performeur sans intérêt. Mais nous avons déjà eu l’occasion d’en parler…

Jeff Koons n’a pas du tout réalisé ses oeuvres pour le château de Versailles.
Ce sont des oeuvres qui avaient une existence propre, et qui continueront d’en avoir une dans la collection de Pinault, jusqu’au jour où il décidera de les revendre.
D’ailleurs, Jeff Koons n’a pas réalisé ses oeuvres tout court. Il se contente d’en avoir l’idée et les fait réaliser par d’autres.
Ce qui soulève une première question : n’agit-il pas comme le faisaient les maîtres anciens qui avaient un atelier travaillant pour eux ?
C’est là le problème de cette exposition : toutes les questions qu’elle soulève sont les questions les plus rebattues du siècle dernier.
Exposé des objets ready-made, est-ce de l’art ou est-ce le fait que nous les regardions qui en fait de l’art ? Comme le disait Duchamp en 1917… Même Isabelle Adjani n’était pas encore née. C’est dire si c’est vieux.

duchamp pissotière

De fait, c’est l’accrochage lui-même qui donne tout son sens à… l’accrochage lui-même. Tout ceci tourne un peu en rond.
La visite tourne alors au jeu de piste, pour comprendre la logique de l’accrochage et voir en quoi il est trop malin.
Exemples : Jeff Koons en Apollon dans le salon d’Apollon.

Ciccolina Panthère Rose Jeff Koons
La Ciccolina enlaçant la Panthère Rose dans le salon de la Paix.

Hoover Jeff Koons

Des aspirateurs dans l’antichambre du grand couvert… où sont exposés des portraits de femmes peints par des femmes (je ne suis pas peu fière de l’avoir trouvée, cette association d’idées). L’air de dire que l’art féminin, c’est l’art ménager.
Bref, ça marche assez souvent, et c’est très malin.
Mais est-ce qu’être malin c’est produire du sens ?
Être malin, c’est plutôt la qualité qu’on attend de vous dans les concours de la fonction publique : ce n’est pas produire du sens, c’est faire penser à votre interlocuteur qu’il est intelligent.
Associations audacieuses sur des questions rebattues… Jeff Koons serait-il un énarque de l’art contemporain ?

En effet, alors que l’art véritable est celui qui est enrichi et non épuisé par la critique (mon credo), la critique dévoile l’art malin mais une fois que le roi est nu… il lasse instantanément.

En effet, alors que l’expo Jan Fabre montrait un dialogue entre artistes, celle de Jeff Koons ne peut se passer de la médiation du spectateur. Ce qui n’est pas très novateur.

Ce qui en revanche est novateur, c’est réintroduire l’idée de “médiation du spectateur” à l’intérieur du château de Versailles, qu’on a toujours considéré en France comme un truc joli.
Alors Jeff Koons, en reflétant le palais, révèle à quel point Versailles, c’est en réalité affreux : moulures improbables, luxe bling-bling, grosses dondons enrubannées aux yeux globuleux portraiturées par des peintres médiocres dans des croûtes géantes, fleufleurs omniprésentes, c’est clinquant et absurde, et pour tout dire, d’assez mauvais goût.

Quant on pense à ce que faisaient les artistes espagnols à la même époque, ça fait mal.

velazquez

Caramba !

C’est Versailles lui-même qui produit un écho amusant à l’univers clinquant, absurde et de mauvais goût de Koons.
Certaines oeuvres semblent d’ailleurs avoir été crées spécialement pour décorer, comme le buste de Louis XIV dans le salon de Mercure, ou comme le gros vase de fleurs dans la chambre de la Reine. Ce qui est évidemment faux, mais révélateur.

Louis XIV Jeff Koons

Bouquet Jeff Koons

Refléter tout le côté clinquant et de mauvais goût de Versailles, telle est la réussite de Jeff Koons. On se demande pour autant si un autre n’y aurait pas aussi bien réussi.
En attendant la réponse, enrichissons François Pinault.

Quantum of solace, ou : James Bond au temps de Jason Bourne

Posted on : 05-01-2009 | By : Aurelie | In : Art qui bouge (ciné)

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Mais pourquoi TOUT LE MONDE a dit du mal du dernier James Bond ?
Alors que TOUT LE MONDE avait encensé Casino Royale qui était quand même un sommet de beaufitude ?
James Bond s’adonnant à des occupations de beauf (le poker), dans un smoking de beauf, avec une meuf de beauf.
Et la critique avait été unanime. Dithyrambique.

Poker, ton univers impitoyable

Seulement, un autre espion solitaire était apparu entre-temps. Et son nom est Bourne, Jason Bourne.
Comme l’a dit Matt Damon dans une interview, la différence entre James Bond et Jason Bourne, c’est que le second est un “monogame veuf dépressif qui cherche la vérité”, alors que le premier est un “tueur cynique qui dit des blagues en sifflant des cocktails”. Matt Damon n’a pas parlé de “beauf”, parce que le concept équivalent est le “redneck”, et que James Bond ne peut pas vraiment être un “redneck”, notamment parce qu’il est anglais. Mais l’idée était bien là.

C’est hors-champ que ça se passe

Un minuscule extrait de Jason Bourne sert à ringardiser l’ensemble des aventures de James Bond. Cohérence des couleurs, montage serré, prise en compte non gadgetesque de la technologie qui crée une image en quatre dimension, puisque le hors-champ est également une composante de l’image… Un monde de brutes, mais que de finesse.

Donc, James Bond ne peut plus évoluer dans un monde sans Bourne.

D’ailleurs, de quoi parle “Quantum of Solace” ? Je vous le donne Émile : un James Bond électron libre, désespéré par la mort de sa femme qui parcourt le monde pour la venger. C’est-à-dire, en gros, un “monogame veuf dépressif qui cherche la vérité”. Un gros pompage de scénario, donc. Ou un “plagiat mental”, comme dirait Camille Laurens.
Cette compétition entraîne des scènes extrêmement bien construites, inimaginables dans le délire kitsch en Technicolor dans lequel évoluait le vieux Roger Moore (la scène d’enchères dans l’opéra, où les gens communiquent par oreillette)… mais qui dérapent parfois dans le pur plagiat (notamment la scène de combat canif vs ciseaux dans un hôtel d’Haïti qui rappelle fortement une scène de combat bic vs canif dans un quartier de Casablanca), ou qui dérapent dans le mauvais goût (la scène de poursuite sur l’air de “Tosca”, où les monteurs ont été incapables de décider quoi faire et qui mélange kitschement sons et images alors qu’il aurait été beaucoup plus intéressant de zapper les bris de verre et les coups de feu pour avoir une séquence épurée).

C’est quand même pas parce qu’il y a Amalric qu’on est chez Desplechin pour autant…

A l’avenir, donc, le nouvel enjeu de James Bond est de ne pas devenir un Jason Bourne kitsch.
Il va y avoir du boulot.

octopussy

Bienvenue en 2009

Posted on : 01-01-2009 | By : Aurelie | In : 3615 MA VIE

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Pour 2009, je vous souhaite :

Des mises en scènes novatrices
De bon films chiants
Des expos bien accrochées
La retraite anticipée de Bob Wilson.
Et celle de Christine Angot, mais nul besoin de le préciser.

Très belle année 2009 !

angot

2009, l’heure de la quille ?

Vacances

Posted on : 22-12-2008 | By : Aurelie | In : 3615 MA VIE, Art (pour l'art), Art moyen (photo)

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Nous voilà partis goûter aux plaisirs matériels délaissant les plaisirs intellectuels.

En vacances pendant 15 jours. Ouaip.

Mais pour ne pas vous laisser vous morfondre face à l’absence de cohue des magasins (vive la crise), voici une idée de cadeau glanée sur le site du magazine “Elle” au cas où un aveuglement risquerait de vous conduire à donner de l’argent à Christine Angot pour payer ses Tranxène et sa vaseline.

Tu sais qu’acheter Christine Angot, c’est mal, mais c’est plus fort que toi, tu n’as aucune inspiration ?

Elle.fr est là pour t’aider !

Donc, tu vois qu’au lieu d’acheter le dernier Angot, tu peux plutôt voir comment accommoder les rogatons !

De là à dire que Christine Angot rallonge les sauces, il n’y a qu’un pas…

Merci Elle.fr !

Et joyeux Nowel.

Tropic Thunder de Ben Stiller, ou : le dépassement du méta (si, si, ça veut dire quelque chose)

Posted on : 15-12-2008 | By : Aurelie | In : Art qui bouge (ciné)

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Tonnerre sous les Tropiques - Affiche américaine

Le recours au méta (discours sur son objet) est un des ressorts les plus éculés du film parodique.

Souvenez-vous du faux Dark Vador qui finit au milieu des techniciens du film dans “La folle histoire de l’espace”.

La Folle Histoire de l'espace

Tiens, c’est le mec qui joue le crétin dans "Ghostbusters" et dans "Chérie, j’ai rétréci les gosses". Quelle carrière, mes amis !


Mais également des critiques de Wayne à propos du mauvais figurant dans “Wayne’s World 2”.

On n’oublie pas non plus le décompte des morts qui fait élire “Hot Shots 2” “Bloddiest film ever made”.

Et puis de tout "Last Action Hero" (il faudrait que je fasse un post sur ce film injustement oublié).
(Eh ouais, aujourd’hui, on sort ses classiques).

Donc, avec “Tropic Thunder”, ça partait bien, parce que le film en lui-même est intégralement un film “méta” : un film qui met en scène un tournage de film. Un peu comme “La nuit américaine”, tout à fait, sauf qu’à part ça, ça n’a rien à voir.

La Nuit américaine - Jean-François Stévenin, François Truffaut et Nathalie Baye

Tonnerre sous les Tropiques - Steve Coogan

François Truffaut, Ben Stiller, même combat


Parce que, alors que “La nuit américaine” montrait des comédiens au travail et cherchait à montrer combien ils ont des émotions fortes, “Tropic Thunder” montre des comédiens qui sont censés bosser (ils savent que des caméras les filment), mais qui en fait préféreraient être payés à rien foutre, et doivent par ailleurs survivre au milieu d’une jungle hostile.
Vous voulez un spoiler ?
Et bien, à la fin, ils s’en sortent tous.
C’est le principe d’un film parodique méta, en même temps. ça finit bien.

C’est outrancier, c’est crétin, c’est du Ben Stiller, l’inventeur du coiffage au sperme.

http://www.premiere.fr/var/premiere/storage/images/diaporama/mary-a-tout-prix/mary-a-tout-prix-there-s-something-about-mary-1997__9/2144190-1-fre-FR/mary_a_tout_prix_there_s_something_about_mary_1997_reference.jpg
Donc c’est un film qui mérite de figurer en bonne place dans la liste sus-citée, entre “Hot Shots” et “Y a-til un pilote dans l’avion”.
Cependant, ce film met en oeuvre de manière bien plus subtile (n’ayons pas peur des mots) le rapport entre l’artifice et la réalité dans la construction d’une image cinématographique

Le pitch, c’est que des comédiens faignants venus tourner un film sur la guerre du Viet-Nam sont lâchés dans la nature par leur réalisateur pour qu’ils trouvent un peu d’authenticité (ils sont censés jouer et être filmés par des caméras invisibles) et arrêtent de jouer les divas. Après la mort accidentelle de ce dernier, ils se trouvent livrés à eux-mêmes dans la jungle, où ils font face à de multiples dangers inattendus (ils ne jouent donc pas).

Tonnerre sous les Tropiques - Jack Black, Robert Downey Jr. et Ben Stiller
Cependant, ces dangers les placent dans des situations comparables à celles du script (qu’ils reproduisent inconsciemment puisqu’ils ne jouent pas).
Or, la toute dernière partie du film *spoiler* les montre en train de rafler tous les Oscars avec leur prestation non jouée.
Cette idée recoupe le cliché de l’acteur “naturel” qui “s’approprie son rôle et ressent vraiment les émotions”.
Bref, c’est un point de vue qui ne contredit en rien les clichés habituellement véhiculés par les médias spécialisés et par les acteurs eux-mêmes.
Assez bien foutu, très marrant, mais pas très original en soi.

Mais là où le film prend une distance avec le cliché qu’il met en oeuvre et où l’on voit que Ben Stiller, en plus d’être, en plus d’être outrancier et crétin, est aussi très très intelligent, c’est que le jeu entre réalité et artifice est présent également entre le film “Tropic Thunder” et la réalité des acteurs qui l’interprètent.
Le même rapport entre la réalité et sa représentation est donc présent à deuxième niveau, mais il est COMPLETEMENT DIFFERENT.
Et cela se voit concernant un personnage en particulier, celui joué par Robert Downey Jr.
Robert Downey Jr. joue en effet un acteur multi-oscarisé blanc qui joue le rôle d’un officier noir dans les années 70.
Donc, un brother sorti du ghetto et fortement politisé.
Acteur de la méthode, l’acteur que joue Downey ne se départit jamais de son personnage et garde l’accent du Bronx en permanence.
Mais à la fin du film, ayant beaucoup appris lors de son séjour dans la jungle, il laisse tomber ses oripeaux pour être vraiment lui-même, décolle sa perruque crépue et enlève ses lentilles noires pour laisser à l’air libre ses cheveux blonds et ses yeux bleus, qui irradient l’écran comme les dents des cagoles qui sourient dans les pubs pour dentifrices.
Tonnerre sous les Tropiques - Robert Downey Jr. et Ben Stiller
Ainsi, c’est en jouant au naturel (c’est-à-dire, peu ou prou, sans jouer) que Robert Downey Jr. va pouvoir participer aux Oscars

Sauf que RDJ n’est absolument pas blond aux yeux bleus.
Ben non, en réalité, il est plutôt comme ça :

Rachel McAdams, Robert Downey Jr et Kelly Reilly lors de la Conférence de Presse de Sherlock Holmes - Sherlock Holmes

Des cagoles aux bras

Donc, Ben Stiller s’ingénie à brouiller le message qu’il délivre sur le rapport entre réalité et fiction : alors que son film conforte le spectateur dans l’idée que les acteurs sont d’autant meilleurs qu’ils sont naturels et ressortent leurs émotions au plus profond de leur être sensible à fleur de peau qui a besoin de s’exprimer sinon ils étouffent, il montre que le cinéma, ce n’est que de l’artifice ; et que l’identification de l’artifice fait également partie du plaisir du spectateur, au même titre que l’illusion dramatique. C’est parce qu’on voit comment c’est fait qu’on peut dire que c’est bien fait. L’art ne cherche pas la vérité, il cherche la justesse.

Sinon, comment expliquer les comédies musicales ?